Il est bien sympathique, ce Singin’ to an empty chair : une efficacité mélodique, un soin porté à l’écriture, du rock indé (au sens large : parfois plus pop ou proche de l’americana, rappelant parfois Wilco), quelque chose des années 90 et 2000 tout en restant moderne. Rien de surprenant, c’est le sixième disque du groupe en provenance de la Windy City : Ratboys.
Surfant sur les qualités de The Window (Topshelf, 2023) (notamment la production de Chris Walla, guitariste du groupe Death Cab for Cutie), le groupe emmené par la chanteuse et guitariste Julia Steiner et le guitariste Dave Sagan enfonce donc le clou avec ce nouvel album.
Un album faisant partie intégrante d’un parcours thérapeutique personnel, un dialogue important avec un être cher dont Julia Steiner s’est éloignée. Le but est de tenir cette personne au courant de ce qui s'est passé dans sa vie et d'essayer d'apaiser son malaise.
"L'idée était la suivante : ne serait-il pas agréable d'avoir un album qui donne un aperçu de ma vie, ou une invitation à renouer les liens, un point de départ ?"
La technique de la chaise vide, centrée sur la prise de conscience et l’expérience immédiate, encourageant les individus à se confronter à leurs problèmes non résolus et à leurs émotions refoulées vient de la thérapie gestalt développée dans les années 1950 par Fritz Perls.
Singin’ to an empty chair contient donc une énergie clairement particulière, on pourrait presque parler parfois d’une tension lumineuse ("Open Up", le power pop très The Rentals, "Know you then", "Anywhere", "The world, so madly" ou "Just Want you to know the truth").Une thérapie en chanson, émotions, apaisement, catharsis et en définitif une belle réussite.
