Avec Primal, son cinquième album en dix ans, Fatima confirme une régularité rare et précieuse dans le paysage stoner / grunge hexagonal.
Un trio qui avance sans trembler, armé de riffs lourds et d’une puissante identité sonore.
Chez Fatima, tout est carré. Les compositions sont ultra solides, la production ample et organique, et l’artwork (magnifique, au passage) vient renforcer la cohérence d’ensemble. Petit détail amusant : chaque morceau fait référence à un animal, comme un bestiaire sauvage.
Huit titres. Huit décharges massives. "Sassquatch" frappe d’entrée. Direct. Massif. Un mur de riffs stoner qui s’abat sans sommation. Le genre d’introduction qui vous saisit au col : le gros singe de la pochette vient de vous asséner un coup de poing sonore dans la figure.
Dans la foulée, "Killer Wart Hog" injecte une énergie plus grunge, portée par une basse épaisse. On sent alors le groupe parfaitement ancré dans ses influences 90’s, sans jamais tomber dans la simple citation.
Sur "Mammoth Graveyard" ou "Gazell Horns", l’atmosphère se fait plus lancinante. Le spectre d’Alice In Chains plane subtilement : harmonies sombres, tempo tendu, tension contenue.
Le morceau-titre "Primal" est sans doute un des points culminants du disque : démarrage batterie / basse groovy et guitares qui montent en spirale : six minutes tourbillonnantes.
"Dog Ham" ralentit le tempo pour installer une lourdeur plus pesante, presque doom tandis que "Waters of Babylon" qui clôture le disque surprend avec une touche d’influence orientale qui élargit encore la palette du groupe.
Cet album est donc une réussite pleine et entière. Et pour ceux qui comme moi seraient passés à côté : leur discographie mérite clairement une exploration immédiate.
