Texte de Denis Diderot adapté par Aurélien Cavaud, mise en scène par Fabrice Peineau avec Sabine Moindrot en alternance avec Charlotte Saliou.

Madame et Jacques ont l'habitude de se retrouver pour échanger. Madame lui donne de nombreuses matières à réflexion et élargit sa pensée. Mais Jacques n'en a pas moins, de son côté, un bon sens et une intuition qui lui permettent de raisonner avec brio.

Assis sur deux bottes de paille, les deux personnages, malgré leur différence de classe, devisent et évoquent tour à tour de nombreux sujets dans une émulation mutuelle.

Dans la mise en scène rythmée, très gestuelle et ingénieuse de Fabrice Peineau, le duo n'en finit pas de se confronter à des notions comme l'amour, la morale ou la liberté que le spectacle met en résonance avec aujourd'hui.

Ce qui est brillant dans l'adaptation d'Aurélien Cavaud, c'est qu'il a réussi à fondre la pensée de Denis Diderot dans un texte original qui, même s'il s'inspire principalement de Jacques le fataliste, explore nombreuses autres de ses oeuvre pour en restituer la teneur.

Le tout est sacrément bien ficelé. Une parfaite introduction à la pensée du philosophe des Lumières !

Sabine Moindrot (en alternance avec Charlotte Saliou) incarne une femme aussi volontaire que subtile. Son personnage mène les débats avec allant ainsi qu'une ironie mordante. Aurélien Cavaud amène toute sa fantaisie et sa naïveté au personnage de Jacques. Un duo clown blanc / Auguste qui fonctionne à plein.

Les deux comédiens se complètent à merveille et offrent une fantaisie rafraîchissante, burlesque et philosophique sans être ni pompeuse ni moralisatrice. Une vraie pépite !