Spectacle de et avec Julie Timmerman.

Dès l’entrée en salle, on sait que le moment va être agréable. Julie Timmerman, assise sur scène, nous accueille d’un sourire amusé et d’un œil pétillant.

La salle Marie Curie n’est pas la plus grande du théâtre de La Reine Blanche, mais on s’y sent bien illico. En comparaison, la scène est démesurée mais justement, cela permet de laisser libre cours à l’interprétation généreuse et enthousiaste de la comédienne.

D’enthousiasme, il en est question dans le personnage de ce père venu monter Les Misérables comme spectacle de fin d’année à des enfants de CM2. Le fait que sa fille Zoé, dont il n'a pas la garde, fasse partie de cette aventure n’y est pas étranger.

On se prend très vite d’affection pour cet adulte idéaliste, ivre de poésie et de beauté, passionné par le théâtre et Victor Hugo.

Adulte d'ailleurs, il ne l’est pas tout à fait. Refusant manifestement à franchir ce pas, il laisse en permanence un pied dans le monde de l’enfance.

Les adultes, les vrais, la directrice d’école, l’institutrice, la maman de Zoé et d’autres figures, toutes jouées avec talent par Julie Timmerman, vont se frotter à ce personnage exalté, à mi-chemin entre un Don Quichotte et un John Keating, ce qui ne manquera pas de causer quelques rebondissements.

La comédienne passe d’un rôle à l’autre en un clin d’œil sans jamais nous perdre. On ressent le plaisir qu'elle éprouve et nous le transmet avec bonheur. Elle réussit à projeter dans la personnalité de ce père exubérant et naïf, ce que l’humanité compte de plus beau et de plus pur. On s’attache à lui comme rarement pour un personnage de théâtre, jusqu'à regretter de devoir le quitter.

C'est une sensation rare qui vaut le déplacement à elle seule.

Merci Julie.