Spectacle écrit par Jean-Philippe Daguerre, mis en scène par Jean-Philippe Daguerre assisté par Hervé Haine avec Bernad Malaka, Charlotte Matzneff, Julien Cigana, Bruno Paviot, Elisa Habibi, Balthazar Gouzou.
18 octobre 1973 en France. Alors que sort le célèbre film de Gérard Oury, "les aventures de Rabbi Jacob", une femme détourne le vol Paris-Nice, libère les passagers, ne gardant que le commandant de bord et le stewart pour des revendications liées au film. Et à la paix dans le monde.
Partant d'un événement oublié de l'actualité, Jean-Philippe Daguerre, après le formidable "Du charbon dans les veines", écrit une pièce sur Danielle Cravenne, femme de Georges, qui sera entre autres le créateur des Césars.
Pour cette histoire débutant à la fin des années 60, il a choisi d'en confier la scénographie à l'artiste suisse Narcisse qui, comme il l'avait fait pour son propre spectacle "Humains" (dont Jean-Philippe Daguerre assurait la mise en scène) compose à l'aide de la technologie (une dizaine d'écrans sont répartis sur scène) un décor modulable qui donne lieu à d'ingénieux fondus entre la scène et l'image, créant tout un univers autant pictural que magique.
La pièce s'attache à la personnalité complexe et émouvante de Danielle, remontant sa rencontre avec Georges, sa curiosité pour tout et son obstination à vouloir changer le cours des choses. En fil rouge, de très courts films montrent les étapes du détournement d'avion.
C'est Charlotte Matzneff qui incarne cette femme idéaliste et passionnée. Tantôt pleine d'énergie ou en proie à une tristesse profonde, elle est absolument rayonnante, d'une sincérité absolue et porte avec coeur ce drame méconnu. Un personnage magnifique qui rêvait, comme elle l'avait fait pour un père et son fils, de réconcilier arabes et juifs.
A ses côtés, le reste de la distribution est au diapason : Bernard Malaka campe Georges Cravenne avec beaucoup de subtilité ; Julien Cigana est un Louis de Funès extraordinaire ; Bruno Paviot est parfait en ministre (la scène du dîner est un grand moment) ; Balthazar Gouzou est un beau-fils convaincant ; Enfin, Elisa Habibi, dans plusieurs rôles très différents, est une fois de plus formidable.
Jean-Philippe Daguerre orchestre le tout avec sa patte habituelle, dans une mise en scène à la fois élégante, nerveuse et fine d'une belle fluidité. Le tout, rythmé par l'énergie du jazz (musique épatante d'Olivier Daguerre). On est embarqués et conquis.
Une histoire poignante sur une femme marquante fort justement mise à l'honneur par Jean-Philippe Daguerre et défendue par la composition admirable de Charlotte Matzneff.
