Spectacle écrit et mis en scène par Ronan Rivière d'après l'oeuvre de Dostoïevski avec Laura Chetrit et Ronan Rivière.

Une nuit sur un pont à Pétersbourg, un petit employé solitaire et gauche aperçoit une femme qui s'apprète à sauter. Lui, rêveur et maladroit ; elle, dont la nervosité cache un manque de confiance flagrant. Ils sont chacun ce que l'autre attend : une épaule sur qui s'appuyer.

Mais elle commence à lui parler d'un homme, locataire de sa grand-mère dont elle est tombée amoureuse...

Après s'être consacré à mettre en scène l'auteur russe Gogol (Le Revizor, Le Nez ou Le Journal d'un fou) , Ronan Rivière, avec le Collectif Voix des Plumes, s'attaque de nouveau après "Le Double" à Dostoïevski dans ce face à face tout en nuances et sensibilité dans lequel il forme un très joli duo avec Laura Chétrit.

Le comique vient de la situation et du contraste entre les deux caractères. Tandis que la solitude qui émane de chacun des deux en accentue l'émotion.

Transposant l'action dans la Russie soviétique des années 60 autour d'un arrêt de bus (avec une nouvelle fois, une scénographie remarquable d'Antoine Milian), Ronan Rivière donne à cette oeuvre de jeunesse de Fiodor Dostoïevski toute son intemporalité.

Dans "Les nuits blanches" son personnage empreint de douceur est bouleversant. Tout comme celui de Laura Chétrit qui montre le mal-être intérieur de cette femme à la fragilité poignante derrière une apparence volcanique.

Cette rencontre, portée par le piano somptueux d'Olivier Mazal qui interprète Rachmaninov à merveille, est un petit bijou de grâce et de poésie.

Un beau moment suspendu de charme et de délicatesse.