"Libérée, délivrée, je ne mentirai plus jamais". Non, on ne parlera pas ici de cette Reine des Neiges mais de celle du compositeur (mais également pianiste et corniste) Christophe Sturzenegger. Une reine des neiges (la vraie Reine des Neiges) plus proche du conte original d’Anderson (adapté par Joan Mompart), "avec l’aventure de Gerda, une enfant courageuse, partie à la recherche de son meilleur ami Kay, enlevé par la mystérieuse Reine des Neiges".

Est-ce parce qu’il est corniste, donc de la famille des vents qu’il y a une sensibilité, des airs du groupe des six et surtout de Georges Auric, Louis Durey ou Germaine Tailleferre dans cette composition ? Et comme cette pièce a tout d’abord eu comme fonction de compléter le répertoire pour la formation Histoire du Soldat, on y entendra également un peu de Stravinski.

Commande de l’Orchestre de la Suisse Romande et du Théâtre Am Stram Gram Le Colibri, collaboration entre l’écrivaine Elisa Shua Dusapin, la dessinatrice Hélène Becquelin, le metteur en scène Joan Mompart et Christophe Sturzenegger raconte l’histoire de Célestin, de Lotte et d’un colibri, une histoire de résilience, d’ouverture à l’autre, de liens qui se tissent pour accepter l’inacceptable. La musique de Sturzenegger rappellera par certains côtés (mélodiques ou rythmiques) pourquoi pas Prokofiev ou Richard Strauss.

Il y a dans ces deux (belles) compositions, quelque chose d’une autre époque, quelque chose de surannée mais non dénué de charme, une réelle maîtrise dans l’écriture. Et puis rappeler Georges Auric, Louis Durey, Germaine Tailleferre, c’est bien trop rare pour être souligné.