Pièce de Marcos Caramés-Blanco mis en scène par Orane Lemâle et Marcos Caramés-Blanco avec Fanny Brulé-Kopp.
La pièce commence en automne. Nous allons suivre l'histoire d'une jeune animatrice périscolaire pendant presque une année, jusqu'à l'été suivant. Au gré des saisons, des ruptures de style et de ton vont accompagner ces changements de cycles, le long d'un récit inattendu.
D'un ton narratif, au présent de l'indicatif, décrivant son environnement proche et immédiat, le personnage incarné par Fanny Brulé-Kopp nous immerge dans son quotidien.
Nous ne connaissons pas son nom mais peu importe. Au contraire, son anonymat la rapproche ainsi de chacun d'entre nous. Elle a ses failles, ses angoisses, ses terreurs, ses obsessions et ses déchirures. Elle ne va pas bien, elle se heurte aux murs de sa névrose, se reflétant dans ses hallucinations.
Cette pièce n'est pas une évidence.
Le ton enjoué des premières minutes laisse assez rapidement place à un climat plus pesant mais d'une puissance insoupçonnée. Les rires de la salle se raréfient pour céder la place à des sentiments bien plus profonds et perturbants.
Ne nous trompons pas, nous sommes ici devant une œuvre puissante et intense. La performance de Fanny Brulé-Kopp est quant à elle, remarquable, véritablement possédée par ses démons aux noms bibliques. Cette plongée dans son intimité et son mal-être ne peut laisser personne indifférent.
Pour épauler le texte dense de Marcos Caramés-Blanco, la mise en scène n'est pas en reste, nous réservant quelques surprises, ajoutant au propre comme au figuré, une profondeur au récit.
La synchronisation des lumières et du son est aussi à noter, donnant au déroulé une efficacité cinétique qui nous immerge encore plus efficacement dans la tête du personnage.
Une pièce très forte qui va s'accrocher longtemps à notre mémoire.
À ne pas manquer.
