Cela fait quelques années que l'on a découvert Lady Arlette. Précisément en 2019 lors d'une session normande. Cette Rouennaise, professeure de français le jour et rockeuse le reste du temps, aux racines franc-contoises se plaisait à dire qu'elle était fan de Hubert-Félix Thiéfaine, le roi de la chanson française rock.

Et ce n'est pas ce Chics & Désinvoltes qui va la désavouer. En effet, on retrouve ici tout ce qu'on aime chez Lady Arlette. Des chansons rock, des textes superbes et un chant assuré. Sans compter que Lady Arlette s'est bien entourée sur ces 9 titres qui défilent bien trop vite. Eric Laboulle, Valentin Hébert, Clémence Denoyer, Benoit Stefani, Peggy Courchay, Agathe Bloutin, pour la musique et François Casays, Ludwig Brosch, Thierry Minot pour la réalisation, sans oublier Qu'en Pense Gertrude ? (que l'on a aussi eu la chance de capter en session Froggy's Delight) qui a réalisé l'artwork du disque.

Les présenations étant faites, parlons musique.

"Tout se traverse" n'est pas si loin d'un Dominique A en termes de rythme et de prosodie et nous entraîne dans une superbe ballade poétique ("Tout se traverse, sais-tu ? Nous sommes des incendies, Tout se traverse, sais-tu... tout ?").

Parfois, on pense aussi à la regrettée Buzy dans la voix ("Quand les absents sont là", chanson très émouvante sur l'absence et les souvenirs). "Petits pois ou cailloux" fait retentir davantage l'électricité des guitares mais tout en douceur, tandis que Lady Arlette mêle habillement spoken word et chant, dans un style qui nous ramène à ses influences Thiéfaine.

"Un Alligator de série Z" joue habilement avec les mots sur un morceaux assez "groovy". Titre sur lequel il sera d'ailleurs encore question de baleines comme sur quelques autres. La baleine étant définitivement la signature de ce disque, jusqu'à son visuel.

On se rejouira aussi du titre "Oh, l'étoile !", sorte de blues avec la Fanfare Mona Lisa Klaxon. Un très beau moment baroque amplifié par l'écriture ("Oh l’étoile, on ne te laissera pas faire / On sait où mettre nos voiles / Mêle-toi de ton atmosphère / A ton drôle de jeu du hasard / C’est nous qu’on touchera le gros lot / T’arriveras pas à nous faire croire / Qu’on rest’ra au bas du tableau"). Cette fois-ci, c'est à K! (Karina Duhamel) que l'on pense.

C'est "Laissons les bruits" qui lui succède, superbe ballade encore une mois superbement écrite qui touche au coeur. Une chanson très émouvante dans une ambiance à la fois rock par ses guitares et très poètique par ses textes toujours superbement écrits.

Car au-delà de la musique toujours justement posée sur les textes sans jamais en faire trop, sans jamais rien noyer, les textes sont tous parfaitement bien écrits. Chaque mot tombe juste, chaque chanson est un poème, ce qui, derrière l'élégance des mots, n'empêche pas Lady Arlette de passer des messages.

Une artiste qui mérite une place de choix dans votre discothèque et qui n'a pas à rougir aux côtés de ses pairs et de ses influences.

Ah, dernier détail, Lady Arlette est aussi chroniqueuse chez Froggy's Delight, mais ne vous méprenez pas, ce n'est pas un passe droit suffisant. Si on parle de son disque, c'est parce qu'on l'aime, vraiment !