Spectacle musical de Anne Baquet et Damin Nédonchelle (piano) sur des textes et musiques de François Morel, Juliette, René de Obaldia, Victor Haïm, Sempé, Moustaki, Thierry Escaich, François Rauber, Claude Bolling, Marie-Paule Belle, Rachmaninov, Bach, Chopin, Bernstein…

Bien accompagnée au piano par son partenaire de toujours, Damien Nédonchelle, par ailleurs jazzman et compositeur, Anne Baquet a concocté avec beaucoup de minutie ce qu'on appelait jadis un tour de chant. Un tour de chant qui n'est pas qu'un tour de la chanson française puisqu'elle rappelle aussi qu'elle est soprano, qu'elle aime les grands airs, en l'occurrence (Gounod, Rachmaninov).

Evidemment, ses préférences vont à une chanson française pleine de fantaisie et de poésie. Mélangeant des créations et des reprises, elle régalera ceux qui aiment que les textes aient du sens, fassent rire ou sourire et se et dont on se délecte dès la première écoute. Elle aime les chansons évidentes, celles qui racontent des histoires, décrivent un état ou un état d'âme. Ici, elle s'entoure d'une foule hétéroclite d'auteurs, des habitués de la belle chanson française (Juliette, François Morel, Isabelle Mayereau), des moins attendus (Sempé, René de Obaldia, Victor Haïm).

A chaque fois, elle touche, entraîne dans un nouvel univers en trois minutes. Les plus férus en matière de chansons apprécieront qu'elle reprenne "Non, c'est rien" immortalisé par Barbra Streisand (en français). D'autres aimeront sa version déjantée et opératique du célèbre "Ticket to ride" des Beatles.

Depuis vingt ans, Anne Baquet multiplie les spectacles thématiques, se sert d'un vivier inépuisable de textes, mis en musique par d'autres ou qu'elle transforme en chansons avec l'aide de son complice Damien Nédonchelle. Il faut souligner la qualité de son travail. Cet enfant de la balle prend du plaisir à défendre les chansons d'hier, d'aujourd'hui et de demain. Elle emmène un public curieux là où il ne s'y attendait pas et ne se lasse pas de s'aventurer dans tous les genres.

Son spectacle, apparemment modeste, a la grande ambition de sauvegarder un art populaire et artisanal, menacé par les techniques d'écoute industrielles. Contre le "streaming" algorithmique, Anne Baquet papillonne dans un immense répertoire. Elle y réussit parfaitement et tout ce qu'il faut souhaiter c'est de la voir et de l'entendre continuer bien longtemps à enchanter ses spectateurs.