Spectacle écrit et mis en scène par Nicolas Schiavo avec Romane Bonnardin, David Buit, Vérane Chardonnet, Virgile Flamand, Jean-Luc Giorno, Juliette Labreuche, Ludivine Meulle.
Bienvenue dans le cabaret de l'entre-deux mondes, où la mort, instance universelle et incontournable, nous attend à chaque coin de scène.
Eurydice, qui s'administre elle-même le poison à la façon d'une Juliette, se retrouve à errer dans les dédales des Enfers, parmi les entrailles du Monde, presque aussi profondément que l'est la belle salle voûtée de ce théâtre de Nesle, dont l'escalier interminable semble nous conduire au dernier cercle de Dante.
Orphée arrive à la rescousse mais il va croiser de curieuses figures avant de retrouver sa Bien-aimée.
Ici les mots n'ont plus de sens, et c'est dénué de cette charge que les saynètes se succèdent dans un labyrinthe qui nous mène irrémédiablement vers la mort.
Nicolas Schiavo s'amuse à déconstruire le langage, le déshabillant de son essence pour, telle une coquille vide, le restituer devant nous, afin d'en ressortir la musicalité et l'impact sonore. On escamote les voyelles ou les remplace par une unique. On ré-invente les mots, s'amusant à créer les plus truculents et les plus dégringolants phonétiquement.
Lors d'une scène, des dizaines d'auteurs sont invoqués par de grandes citations tournant autour d'un thème unique, mais même ici, l'effort est vain, car à chaque vérité y est opposée son contraire. Exemple supplémentaire de la vacuité du langage.
L'ombre d'Alfred Jarry n'est jamais très loin de ce théâtre de l'absurde, miroir de notre condition. Ce roi Minos, par exemple, au costume étonnant, n'est pas sans rappeler Ubu, mais un Ubu revisité via l'esthétisme d'un Dune de Lynch ou d'un Mad Max.
Car, il faut le noter, un effort remarquable est à signaler du côté des costumes, créations étranges et fantasmagoriques, dont l'inventivité ne pourra manquer de vous émerveiller.
Un vrai spectacle qui amusera vos tympans et ravira vos pupilles et dont on peut sortir et se retourner sans conséquences néfastes.
2 au 24 janvier 2026 les vendredis et samedis à 21h00 et Les lundis soir à 21h, puis du 2 au 23 mars 2026 : soit les 2, 9, 16, 23 mars.
