Texte et mis en scène par Thomas Dubot, avec Marie Alié, Sami Dubot, Antoine Herbulot, Nicolas Payet et Léa Romagny Vallentin.

Entre la blague et le sacré… Ce gimmick, répété en entrée et en sortie de spectacle, pourrait à lui seul résumer cette performance théâtrale.

En effet, les genres sont ici sans cesse télescopés. On navigue en permanence d'un contraire à l'autre, entre chants liturgiques et chansons paillardes, entre burlesque et tragédie, entre esprit foutraque et tirades brillantes, entre scatologie et pataphysique.

À l'instar des meilleurs cocktails et recettes de cuisine, ces composants a priori antagonistes, se marient à merveille pour donner un résultat suave et agréable. Le spectacle est un régal. Le jeu des comédiens n’y est sans doute pas étranger, tant le plaisir qu'ils prennent est communicatif, dans leurs passages en solo, avec leurs partenaires ou quand ils interagissent avec le public. Les chants polyphoniques sont un véritable enchantement et mériteraient presque à eux seuls le déplacement, à condition toutefois d’avoir laissé sa pruderie au vestiaire.

Une porte sur un monde inconnu s'est ouverte ce soir sur la scène du théâtre de la Bastille. Un monde où la Sainte Vierge crève les pneus du voisinage, où les poules tombent du ciel et où les notes échappées d’un piano bar s’égrènent à travers les vapeurs d’un moteur à deux temps.

L’humour absurde de nos voisins belges a frappé à nouveau. Pour une fois qu'il nous est joué à domicile, ne boudons pas notre plaisir.