Tu fais peut-être, cher lecteur, parti des auditeurs attentifs qui connaissent The Vine Street Shuffle. Je dois concéder que ce n'étais pas mon cas, jusqu'à il y a très peu de temps.
C'est un groupe composé de Philippe Quinette à la contrebasse, Aliocha Thévenet à la guitare et Marc Delmas à la batterie. C'est un trio instrumental qui joue, avec talent, du blues. Quand tu l'écoutes, tu te retrouves assez vite à Chicago, en tout cas dans ta tête.
Ils adorent jouer des titres peu connus du grand public, voire oubliés mais en ayant toujours, je cite, un souci maniaque porté au son.
Je te confirme cette information. Ils ont décidé avec cet album sorti en fin d'année dernière de revisiter et de rendre hommage au répertoire de Earl Hooker, accompagnateur de Muddy Waters, il a laissé de nombreux standards, repris par Buddy Guy, Keith Richards, BB King ou encore Jimmy Page. Autant dire, que le cousin de John Lee Hooker n'a pas besoin d'afficher son arbre généalogique pour faire parler de lui.
On se retrouve donc grâce à cet album dans le blues de Chicago des années 50. C'est en tout cas le pari du trio. Pari plus que réussi, tu l'imagines bien, sinon je ne serais pas là à faire le guignol derrière ce clavier !
Le trio qui clame "La musique est faite pour être partagée" (je traduis approximativement, mais l'idée est là) nous propose de nous balader avec nonchalance dans cette musique blues, que j'affectionne tant. D'ailleurs, en parlant de partage, on retrouve sur l'album Neal Black au chant, ainsi que Denis Agenet et Sophie Malbee. On retrouve aussi Laurent Cokelaere à la basse et Jean-Marc Hénaux à l'harmonica.
Pas besoin d'en faire des caisses. Ils jouent les titres du génie du blues avec tout autant de génie et de talent. L'héritage est donc transmis avec la manière aux jeunes générations. Le trio, avec une solide réputation sur la scène blues, fait preuve d'un talent remarquable.
Alors, plus une minute à perdre : tu fonces, tu lances l'album à fond et tu te laisses porter.
