Deux nouveaux volumes (volume 31 Muluken Mèllèssè et volume 32 Nalbandian l’Ethiopien) viennent s’ajouter à la collection Ethiopiques créée par Francis Falceto.
Le disque de Muluken Mèllèssè enregistré avec le Dahlak band est une perle rare, vraisemblablement introuvable, l'un des tout derniers disques vinyles jamais sortis en Éthiopie.
Muluken Mèllèssè a accédé à la célébrité à une époque de profonds troubles politiques et sociaux en Éthiopie, alors que la révolution de 1974 laissait place à la dictature militaire du "Derg". Considéré par beaucoup comme "un chef-d'œuvre absolu du groove éthiopien, le chant du cygne d'Addis-Abeba ", il est l’acmé d’un genre et d’une époque, la manifestation géniale d’une sensibilité mélodique, d’un sens du groove propre à l’afrobeat et à l’Ethio Jazz.
C’est lors d’une visite par Haïlé Sélassié d’un monastère arménien à Jérusalem qu’il rencontra quarante orphelins ayant fui les atrocités du génocide perpétré en Turquie. Il décide alors de les emmener en Éthiopie. En 1924, l'orchestre "Arba Lijoch" (Les Quarante Orphelins) devint alors le premier orchestre officiel du pays, sous la direction de Kevork Nalbandian.
Appuyé par l'empereur, il fonde plusieurs ensembles et composera notamment l'hymne officiel du pays. C’est son neveu Nerses Nalbandian, qui reprendra sa suite et la direction des différents orchestres (Orchestre municipal d'Addis Abeba, Orchestre de la Garde impériale…). Nerses Nalbandian va révolutionner la musique Ethiopienne.
Aux musiques traditionnelles, il va agréger des sonorités plus européennes et du jazz américain. Vont naître des formations composées surtout de cuivres, majoritairement avec des militaires ou des policiers et qui se produiront dans les années 1950 dans les grands hôtels et les night clubs.
Ce disque enregistré avec l’orchestre bostonien de l’Either / Orchestra est un délice, fruit de ces mélanges uniques qui raviront les fans d’orchestre jazz et de ce swing et ses sonorités si particulières.
