Pièce de Frédérique Auger, mise en scène par Giorgia Sinicorni avec frédérique Auger, et Jean-Charles Chagachbanian.

Dans un café désert débarque un jour Vicky, une Québécoise aussi pétillante que volubile. Elle a rendez-vous amoureux à côté dont elle espère beaucoup. Face à elle, Maxime, le gérant de l'établissement. Tous deux se lient rapidement d'amitié.

De jour en jour et de semaine en semaine, leurs rencontres permettront de suivre l'évolution de leurs relations "toxiques" : Vicky va tomber sous la coupe d'un homme jaloux qu'elle idéalise et qui ne cesse de la rabaisser. Quant à Maxime, il est sous l'emprise de sa mère, patronne du café qui l'étouffe et use du chantage affectif jusqu'à le détruire.

Chacun aveuglé par son histoire douloureuse ne pourra aider l'autre qu'à moitié mais servira de miroir pour lui refléter sa propre dépendance.

La pièce de Frédérique Auger, bien construite, permet d'entrer totalement dans le quotidien de ces deux victimes dans des schémas d'une banalité hélas que trop réels.

Pas grand chose sur scène à part deux plans inclinés qui feront office de comptoir ou de tables médicales. La mise en scène de Giorgia Sinicorni, rythmée et puissante, soutenue par la musique prenante de Vivien Lenon donne à ce texte brut et sans fioritures une remarquable efficacité.

Les deux comédiens, Frédérique Auger et Jean-Charles Chagachbanian jouent avec beaucoup de talent et de subtilité deux relations d'emprise en parallèle passant avec brio d'un personnage à l'autre (Vicky et la mère envahissante, Maxime et l'amoureux violent).

Montrant le quotidien de relations d'angoisse ordinaires et les dégâts qu'elles provoquent, Nos histoires, brillant dans ses transitions rapides et les chassés-croisés d'un duo à l'autre, est un pièce anxiogène dont on ne peut sortir indemne.