Serein, contemplatif, ténébreux, bucolique
Refusant d'acquitter la rançon de la gloire
Sur mon brin de laurier je dormais comme un loir"
Entre Nicolas Paugam et Georges Brassens, c’est une histoire d’amour qui dure depuis longtemps. Rien de surprenant de le voir lui consacrer un disque entier. Mais naturellement à la sauce Paugam, soit quelque chose d’unique dans la pop / chanson française : son sens du groove, du pas de côté, un rien de tropicalisme ou de psychédélisme...
Un choix de titres, qui ne sont pas forcément les plus connus ("Les ricochets", "Saturne", "Le cocu", "Le 22 septembre", "Le mouton de panurge"...), mais, choix qui se révèle pertinent. Cela laisse à Nicolas Paugam une plus grande liberté, une plus large marge d’expression.
À son style si personnel (on y retrouve ce que l’on aimait dans La délicatesse (2024), Padre padrone (2021), Le ventre et l’estomac (2019)...), Nicolas Paugam ajoute la finesse des arrangements (avec Eve Lomenech au violon, Quentin Ghomari à la trompette, Kenny Ruby à la basse et Tibo Brandalise à la batterie).
Nicolas Paugam arrange donc Georges Brassens à sa manière (sans tomber dans la simple imitation ou le pastiche), fidèle tout en jouant avec l’agogie ("Les trompettes de la renommée" (avec ses paroles comme écrites pour lui !), "Le vieux Léon"... Et puis la preuve par les textes (naturellement), mais aussi par ses mélodies et ses lignes harmoniques (trop souvent mésestimées) que Brassens est toujours aussi moderne.
C’est exactement ce que l’on espérait de ce disque et c’est clairement une belle réussite.
