"Ooh, I must be a narcissist
God knows that I can't resist
To make a song and dance about it
Maybe I'm a masochist
Don't know why I must persist
To make a song and dance about it"

C’est le truc casse-gueule par exemple : un groupe connaît un succès grandissant dans l’ombre de l’indie-rock, gagne un Brit Award (du meilleur groupe) et tout s’emballe : on passe sur un label bien plus important, la chanteuse est outrageusement mise en avant (cf la pochette par exemple).

Pourtant, The Clearing a tout de ce que l’on appelle un disque de la consécration. Et le groupe anglais, en toute "intelligence" sait que consécration rime aussi parfois avec concessions. Ce qui est certain, c’est que le groupe a mis toutes les chances de son côté pour rafler la mise : surexposition de sa chanteuse Ellie Rowsell, production maousse costo de Greg Kurstin (Adele, Kylie Minogue, Sia, Lily Allen...), virage rock FM et le choix assez audible de rendre tout un peu lisse, en tout cas de gommer toutes les rugosités tout en essayant de garder son ADN.

Mais alors pourquoi écouter ce disque ? Pour la qualité des mélodies ("The sofa", "Thorns", "Passenger Seat" ou encore "Safe in the world") et des arrangements, pour la maîtrise dans l’écriture, pour cette façon d’habiter les chansons en pleine conscience, pour ce que le groupe a gagné en maturité et expérience (évident dans la façon qu’a Ellie Rowsell de laisser éclater sa voix et de placer le chant en première ligne) en puissance également.

On pourra ne pas aimer ce qu’est devenu Wolf Alice, on ne pourra pas leur reprocher à l’écoute de ce disque, de vouloir évoluer, de trouver une forme d’épanouissement.