Si à la mer le phénomène de baïne est extrêmement dangereux et à éviter, ici c’est plutôt une invitation à un excellent moment musical. Le quartet suisse Mohs, du nom de l’échelle de dureté des minéraux, s’est construit avec ses deux premiers disques (Mohs en 2019 et Mirage en 2023) une belle réputation.
Baïne enfonce le clou. Zacharie Ksyk à la trompette, Erwan Valazza à la guitare et aux synthés, Gaspard Colin à la basse et Nathan Vandenbulcke à la batterie font preuve d’une belle maîtrise technique d’abord mais surtout, s’inscrivent complètement dans un jazz moderne, (très) efficace mélodiquement sans perdre en exigence, à l’aise dans le métissage d’un jazz fusion, montrant l’ampleur de son vocabulaire piochant aussi bien dans l’afrobeat que dans le psychédélisme, le dub, l’électro... L’ensemble ne perd jamais le sens de sa musique, joue avec souplesse, fluidité et habilité, soigne le son (quelque chose de clair, précis mais avec du corps).
Une belle réussite.
