Fatima Daas est une jeune auteure qui s’est faite remarquer en 2020 avec un excellent premier roman (salué par la critique) La petite dernière publié aux éditions Noir sur blanc. Il fut ensuite traduit dans plusieurs langues et une adaptation au cinéma sera en salle à l’automne prochain, réalisée par Hafsia Herzi.

Fort du succès de son premier roman, on peut considérer que le deuxième ouvrage de cette auteure était fortement attendu. C’est donc aux éditions de l’Olivier que l’on retrouve Fatima Daas avec Jouer le jeu, qui conserve son style et sa langue brute et vibrante.

Kayden est bien entourée. À la maison il y a Aïsha, sa mère, qui trouve toujours du temps pour elle malgré la fatigue du travail et Shadi, sa grande sœur, complice de toujours. Au lycée, il y a ses amis, Nelly la grande sportive, Samy le rêveur et Djenna qui n’est jamais dupe de rien. Kayden observe les uns et les autres occuper les cases d’un système trop rigide. Elle écrit ce qu’elle voit, et ce qu’elle ne voit pas. Un jour Madame Fontaine, la professeure de littérature redoutée, lit ce que Kayden écrit. Une faille s’ouvre, elle le sent, Kayden sera la prochaine à réussir le concours d’entrée à Sciences-Po.

Il faut bien avouer que l’esprit de surprise de la découverte du style de l’auteure dans le premier ouvrage ne l’est plus dans celui-ci, ce qui fait que certains pourront dire que cet ouvrage est un ton en dessus du précédent. Honnêtement, sans chercher à comparer les deux ouvrages, l’intérêt étant limité, force est de constater que Jouer le jeu confirme les qualités d’écriture de Fatima Daas. Moins bien ou mieux que le précédent ? Peu importe ! Jouer le jeu est un bon livre, que l’on prend plaisir à lire et c’est bien là l’essentiel.

Une fois encore, les thèmes traités dans l’ouvrage le sont avec justesse dans un style percutant et drôle en même temps. Fatima Daas nous fait rire autant qu’elle nous touche avec ses personnages attachants.