Réalisé par Ali Samadi Ahadi. Drame. 1h53. Sortie le 6 août 2025. Avec Vishka Asayesh, Majid Bakhtiair, Melika Foroutan, Tanaz Molaei, Sam Vafa, Sina Parvaneh.

Maryam est une activiste iranienne emprisonnée par le régime des mollahs. "Sept jours" d'Ali Smadi Ahadi raconte une histoire qui pourrait paraître rocambolesque puisqu'elle est libérée -en toute discrétion - pour subir des examens médicaux, et qu'avec l'aide de ses proches, elle en profite pour aller revoir sa famille, son mari et ses deux enfants qui vivent désormais en Allemagne et qui l'attendent dans un village frontière, où ils espèrent pouvoir la convaincre de les suivre en exil.

Ecrit avec Mohammad Rassoulof, primé à Cannes en 2024 pour "Les graines du figuier sauvage", le scénario de "Sept Jours" n'est pas une élucubration sortie de l'imagination de deux cinéastes désormais en exil. Non, il est fondé sur une histoire vraie, celle de Narges Mohammadi, la plus célèbre opposante iranienne (Prix Nobel de la Paix 2023) qui est, plusieurs fois, sortie de sa geôle pour des raisons médicales... et y est retournée pour ne pas risquer d'être discréditée aux yeux des Iraniens, qui n'auraient pas manqué d'être "informés" de sa fuite déloyale, de l'abandon de sa cause...

Maryam, magnifiquement interprétée par Vishka Asayesh, va donc être confrontée au même dilemme. Un dilemme d'autant plus cruel qu'elle rejoint, à l'issue d'un parcours épique, ceux qu'elle aime et qu'elle n'a pas vus depuis des années. Sa fille, notamment, est aux portes de l'adolescence et comprend mal qu'elle soit prête à les quitter de nouveau pour la "bonne cause".
C'est dur d'être les enfants d'une héroïne et le film sait émouvoir son spectateur sans prêchi prêcha idéologique.

L'an passé, à Cannes, la critique bien-pensante aurait souhaité que "Les graines du figuier sauvage" obtienne le trophée suprême. Fort heureusement, c'est "Enora" de Sean Baker qui a été finalement choisi. Sans doute, le film de Mohammad Rassoulof avait de grandes qualités, mais il était trop démonstratif et la seconde partie terriblement répétitive. Pas de ça ici. Là encore, le sous-texte politique est porté par un récit familial. Certes, il n'est pas question que les personnages qui s'aiment sombrent dans la haine et le manichéisme. Ainsi la démonstration d'Ali Samdi Ahadi n'est pas alourdie par un pathos quelconque.

Toute la dernière partie du film, avec son ultime rebondissement, est à l'image du "figuier" une longue poursuite dans des décors naturels. On y connaît une tension presque aussi forte et, tout à coup, on n'est plus sûr de rien. Même très loin de Téhéran, à chaque coin de rue, tout peut virer au drame. Ce moment où le quatuor familial est en passe de se dissoudre est d'une grande intensité et permet au film d'aller jusqu'au bout de sa logique en toute sérénité.

'Sept jours" d'Ali Samadi Ahadi est un film humaniste qui n'est pas qu'un plaidoyer politique. Il se regarde aussi comme un suspense, qui emporte au cœur de paysages grandioses dans une région malheureusement en proie à des chocs historiques dont les individus continuent de payer cher et pour longtemps les soubresauts.