Cette année, toujours dans l’esprit de vous faire vivre le Foreztival, qui se taille une belle part dans le paysage des festivals d’été et fait retentir haut, fort et fièrement le nom Loire, cette année disais-je je suis accompagné de Kayxe, jeune recrue pour m’assister dans la découverte des musiques urbaines.

Pour faire clair, le vieux s’occupe du rock, le jeune s’occupe du rap et du reggae.

Nous ne serons pas trop de deux pour couvrir les 3 scènes : Monts, Plaine et Magma. Le programme est alléchant et en ce premier jour et après quelques péripéties pour accéder au saint badge, nous voilà Kayxe et moi à arpenter le site. Même moi, un "habitué" je trouve des changements notables et pour le moins intéressants. Nous y reviendrons (ou pas selon mon état de fatigue). Mais cette 19eme édition s’annonce alléchante.

Après une boisson rafraîchissante, l'équipe se scinde en deux. On se doit d’être sur tous les fronts. La soirée commence à 18h avec Mauvaise Bouche, chanteuse et actrice Montpelliéraine. C’est frais, c’est pop et surtout le duo interagit beaucoup avec le public, déjà au taquet bien que ce soit le premier concert d'une première longue soirée d’un long week-end ! Et ils réussissent à faire asseoir au calme tout le public ou presque.

Et son petit "CC SAVA", on en parle ? Titre sarcastique d’une situation tragique. J’adore. Et le moment où la chanteuse vient chanter au milieu du public pour une première interprétation d’un titre ? Tu l’a compris, c’est une très belle entrée en matière. À suivre de très près !

Scène Plaine, en face, vient ensuite Israël Vibration and Roots Radics. C’est du reggae et je ne suis pas sûr d’être prêt pour du reggae, je ne te le cacherai pas. Le chanteur arrive après deux instrumentaux sur un fauteuil. Puis se retrouve debout avec ses béquilles. Je reste admiratif de ton dynamisme ! Ça reste du reggae et bon moi, si les guitares ne sont pas saturées, j’ai plus de mal. Mais vu l’engouement du public, il a des administrateurs. C’est le moment idéal pour explorer la zone bouffe. Il est 19h11 et j’ai faim.

Ensuite vient Solann et si j’en crois notre Jean-Louis (oui, je me permets cette familiarité depuis le temps qu’on barbote ensemble dans la Mare), c’est bien, voire très bien, alors je vais aller voir ça de moi-même ! En attendant, j'essaie tant bien que mal d’écrire ma chronique sur mon téléphone, tel un ado accro à son clavier. Et je me dis que demain, j’amène ma tablette parce que bon, je me fais vieux quand même. Oui, je te partage mon quotidien trépidant de chroniqueur.

Alors et Solann, vas-tu me demander ? C’est très beau, tant la scénographie que la musique : Solann en beige au milieu de deux musiciens habillés à la Japonaise revisitée dirais-je. Solann souriante, se promène sur scène, joue avec le public. C’est pop, électro, rythmé et très entraînant. J’aime beaucoup. Pas autant que le punk mais j’aime beaucoup ! Jean-Louis a raison, tu peux écouter les yeux fermés ! On voit l’artiste capable d’improviser un titre prévu avec ukulélé, qui a décidé de la lâcher. Point de peur comme on dit. Elle assure !

Après avoir croisé Kayxe qui filait tel l’éclair, je fonce vers la troisième scène Magma, voir et écouter le Proleter Swing Band. J’avais peur qu’avec la proximité des scènes, on n’entende rien. Que nenni. Association de mix aux platines et de cuivres : sax, trompette, trombone et clarinette. Là, tout de suite, je kiffe. Non mais imaginez juste 30 secondes, un trio de swing tout droit sorti d’un petit club enfumé qui s’associe avec un beatmaker, et ils nous déboîtent les cages à miel avec des titres de folie. Tout le monde danse autour moi, les jeunes, les moins jeunes et même les plus vieux.

Radical changement d’ambiance sur la scène Plaine où se produit en même temps Maureen. Ça danse, ça bouge et là aussi tout le monde se remue joyeusement sur les titres de la chanteuse martiniquaise et de son groupe. Tout le monde semble connaître. C'est de la folie frénétique et ça fait du bien de voir les gens s’éclater comme ça !

Sur l’autre scène se prépare Tiakola et Poésie Zéro sur la troisième. Mon cœur ne balance pas beaucoup entre le rap de l’un et le punk de l’autre. Je laisse Kayxe avec le rappeur et je fonce dans le pogo.

Finalement, nous sommes stoppés net dans notre élan par une averse venue d’un autre monde qui nous laisse trempés comme une serpillère après le grand nettoyage de printemps de la piaule d’un ado. Avec Kayxe nous rentrons trempés, dépités mais bien décidés à revenir demain bien mieux préparés pour ne pas abdiquer.

Crédits photos : Cyco Lys