C’est sous un soleil de plomb que votre serviteur s’est rendu à quelques centaines de mètres de chez lui pour la seconde première édition de l’Arbrazik, festival organisé par le comité des fêtes de Montbrison, dans la Loire.

Pourquoi une seconde première édition me direz-vous ? Et bien vous répondrai-je, parce que la première a été annulée pour cause de météo orageuse ! C’est donc cette fois, sous le soleil et les meilleures augures que se déroule cette seconde première édition.

Je parle d’augures parce que nous sommes dans un parc, sous un magnifique arbre, d’où je suppose, le nom donné à cette manifestation et non loin des thermes romains d’Aquae Segetae, autre nom de Moingt, autrefois. Moingt étant, si tu veux tout savoir le lieu où je demeure.

Mais trêve de précisions géographico-historiques et passons à ce qui nous intéresse : la musique. Et là, crois-moi, on va être servi.

Je passe sur les péripéties d’heure, de retard, après tout c’est une première édition et si certains retiendront ces petits (mais alors vraiment petits) désagréments, moi je retiens : le lieu qui est superbe, l’accueil est top, il y a de l’ombre, beaucoup, des gens avec le sourire et des bénévoles qui s’activent. On part sur de très bonnes bases. Et crois-moi, j’en ai vécu des festoches et des concerts en plein air !

Commence alors le premier concert : 21 Grammes. C’est un groupe stéphanois, ils font du rock, ils chantent en français et j’adore.

J’en ai déjà parlé dans la Mare aux Grenouilles et franchement, plus ça va et plus leurs prestations scéniques s’étoffent.

Beaucoup d’interactions avec un public encore un  peu clairsemé et timide, mais les titres s'enchaînent, il y a un discours clairement partisan, assumé et jamais donneur de leçons que j’aime. Que te dire à part qu’il faut aller écouter ?

Après le concert, le groupe est resté un long moment à échanger sur leur stand de merch avec le public et je trouve toujours cela révélateur d’un bon état d’esprit.

Vient ensuite ceux que j’attends au tournant : Salut L’Orage. Pourquoi je dis ça me demanderas-tu ? Et bien parce que je les avais vus en première partie de 111 à Lyon et j’avais adoré et je voulais absolument les revoir, sur un set peut-être plus long. Crois-moi là, j’ai été clairement rassasié.

La portion de leur rock électro en duo a été plus que généreuse. Le groupe s’est éclaté et le public ne s’y est pas trompé. Le guitariste est descendu jouer dans la foule, le groupe nous a fait chanter, danser, sauter et surtout nous a largement servi un bon steak de rock servi sauce épicée comme j’aime.

Les Stéphanois (oui, c’est très local cette première édition) ont conforté l’idée que je me faisais suite à la première prestation à laquelle j’avais assisté : il va falloir compter avec eux. Chant en français, parfois très fun, parfois bien plus introspectif. J’ai eu le plaisir d’échanger avec eux (et d’acheter le magnifique tee-shirt réalisé par Virgil Bouet, Charlotte Giordana et Gauthier). J’attends maintenant l’album. Mais fonce sur leur Bandcamp (ou les autres plateformes). Lucas et Maxime vont aller loin !

Arrive ensuite Novatom, là aussi je suis en terrain connu, là aussi stéphanois (et montbrisonnais) et les trois frangins nous balancent une fois de plus un set impeccable, pro et pour autant très vivant. J’entends par là qu’ils sont eux aussi dans l’interaction et l’échange avec le public, petite séquence émotion quand ils nous racontent les moments de tristesse et de peur quand ils ont appris le cancer de leur maman et leur plaisir aujourd’hui à jouer devant elle : oui, elle est toujours là bien vivante et franchement elle peut être fière de ses enfants.

C’est rock, punchy et bien évidemment percutant comme j’aime. Seul groupe à chanter en anglais, mais ça sérieusement on s’en fout, tellement ils nous emmènent loin avec eux. Une mention spéciale à Emmanuel, bassiste, qui non content de jouer fait aussi partie de l’organisation et crois-moi, je l’ai vu galoper partout avant et après le show de son groupe.

Pour se finir en beauté, nous avons eu droit à un concert des Naufragés. Alors OK, sur le papier Les Naufragés ne sont pas du coin, mais ils ont une histoire particulière avec la Loire et plus particulièrement notre région, puisque Spi le chanteur m’a confié un jour avoir rencontré sa compagne lors d’un des tout premiers concert du groupe pas loin de là, dans les terres natales d’Aimé Jacquet, à Sail-sous-Couzan (et tu vas rire mais j’y étais dis donc). Une fois de plus, le groupe nous embarque sur les mers du monde, sur leur bâteau de corsaire et l’ajout d’une violoniste n’est pas pour me déplaire. Un concert nous entraînant jusqu’à 1h30 du matin.

Alors qu’en ai-je retenu ? D’abord que le rock français se porte très bien et le rock stéphanois en particulier avec des groupes qui nous proposent du rock ambitieux et talentueux. Des groupes qui nous promettent de belles heures encore et pour reprendre Salut l’Orage : des pogo.

Je vais faire mon donneur de leçons, mais il le faut : faites vivre les groupes indé, que ce soit du rock ou autre chose, peu importe, du moment que tu aimes. Achète des disques, du merch, va au concert, c’est ça qui fait vivre la musique et l’art !

Crédits photos : Cyco Lys