Manchester a donné naissance à d'illustres groupes de musique et au-delà de cela de genres musicaux. Joy division, The Smiths, Oasis ou l'Hacienda (le plus grand club de Manchester / d'Angleterre / du monde) ont tous participé à établir Manchester comme une ville incontournable dans le monde entier.
Un autre élément incontournable de Manchester, architectural cette fois-ci, c'est le fameux Toast Rack, un bâtiment triangulaire qui ressemble à s'y méprendre à un de ces supports en inox sur lesquels on stocke des toasts grillés pour le petit déjeuner.
Ce Toast Rack illustre précisément la pochette de ce nouvel album de GoGo Penguin, intitulé Necessary fictions. Pas de hasard évidemment les GoGo Penguin affirment ainsi leur identité, leurs origines mancuniennes auxquelles ils sont attachés. Mais attention, pas de pop, pas de rock, pas de techno ici.
Le trio (avec un nouveau batteur) revient en force avec cet album qui continue d'explorer les passerelles entre jazz, pop, électro et nous livre un disque ultra riche, entêtant et entraînant. On pense à des groupes comme HIM (groupe de Doug Scharin), Mice Parade, 12Twelve entre autres. Ils ont l'art de rendre un style de musique parfois qualifié d'élitiste accessible à tous avec des morceaux faciles d'accès et inventifs.
La recette est simple, un piano (Chris Illingworth), un bassiste / contrebassiste (Nick Blacka) et un batteur (Jon Scott, arrivé en 2021). Il faut ajouter à cela leur amour pour les sons electro vintage (Moog notamment) et quelques collaborations tout à fait réussies comme sur "Forgive the damages" chanté par Daudi Matsiko (seul titre chanté de l'album) ou bien le Manchester Collective et la violoniste Rakhi Singh (co-fondatrice d'ailleurs de l'ensemble Manchester Collective) sur "Luminous Giants" et "State of flux".
Si le trio se suffit à lui-même et emplit aisément tout l'espace (écoutez le magnifique "Fallowfield Loops"), il faut reconnaître que l'ajout de cet ensemble et notamment le violon apporte encore une dimension plus hypnotique à l'album déjà très cinématographique par ailleurs (l'absence de texte favorisant aussi l'imagination de l'auditeur).
Vous l'aurez compris, le trio de Manchester fait du jazz, mais en prenant soin de faire les poussières avant et de souffler un air frais sur les vieux poncifs du genre. Entêtante, joyeuse, la musique de GoGo Penguin nous hypnotise (dès le titre d'ouverture "Umbra", on est sous le charme) et nous transporte au fil des 12 titres toujours surprenants et inventifs. Ça devrait plaire autant aux amateurs de jazz qu'à ceux qui sont sensibles aux atmosphères post-rock très hypnotiques.