En janvier 1959, Jean XXIII annonce à quelques cardinaux sa décision de convoquer un concile œcuménique, presque cent ans après Vatican I. Le concile va se dérouler sur trois ans, en quatre sessions de plusieurs mois. La première se déroule en octobre 1962, en présence de 2 400 évêques venus de 136 pays.
Visant à changer l’image de l’église de nombreuses décisions seront prises comme la constitution Dignitatis Humanae, qui reconnaît la liberté religieuse "en affirmant le droit de chaque individu à choisir, pratiquer et exprimer sa foi selon sa conscience, en dehors de toute contrainte ou persécution", la constitution Sacrosanctum concilium qui porte sur la simplification des rites, une plus importante participation des fidèles à la liturgie, avec la célébration en langues vernaculaires et à l'abandon presque général du latin. C’est grâce à cette dernière que le compositeur argentin Ariel Ramirez va pouvoir composer sa Misa Criolla en espagnol avec les couleurs musicales de son pays.
Le pianiste Thomas Enhco accompagné du rutilant Amazing Keystone Big Band du chanteur Emiliano Gonzalez Toro, du salsero Alain Pérez revisitent donc cette œuvre avec brio ! Instrumentation différente, plus de salsa et de jazz, plus de couleurs cuivrées, une autre façon de faire groover (dansante évidemment, ce qui n’empêche jamais les moments de recueillement) mais l’esprit et la ferveur sont toujours là.
Avec la Misa Criolla, on pourra écouter la lumineuse Navidad Nuestra, série de tableaux sur La Nativité avec des textes de l’auteur argentin Felix Luna. Pas une confrontation de styles ou d’esthétiques, une célébration !
Une dinguerie comme disent les jeunes.
