Léonie Pernet sort en ce mois de juin 2025 son troisième album mais sa carrière semble déjà bien plus remplie. Il faut dire que Pernet a plus d'une corde à son arc et quand elle ne travaille pas sur ses albums, elle fait la DJ, ou bien compose des BO de films ce qui lui fait depuis ces 10 dernières années déjà un CV long comme un bras.

Multi-instrumentiste, on la retrouve aussi à l'aise derrière les platines que assise à une batterie ou à un piano. et parfois un peu tout en même temps.  Il faut dire que cette érudite de la musique et amoureuse des beaux textes ne s'embarasse pas des étiquettes (c'est pour les pots de confitures dirait notre ami et chroniqueur Cyco Lys) et propose depuis Crave (sorti en 2018) une musique qui oscille entre pop, électro, world musique, classique, jazz et chanson car il est important de souligner la qualité de ses textes, en français depuis Le cirque de consolation (sorti en 2021). Textes qui naviguent eux aussi entre deux eaux, voire trois.

Tout d'abord, ses textes sont souvent très poétiques (le titre de ce nouvel album est d'ailleurs une référence à un texte de René Char). Mais il est aussi question de politique chez Léonie Pernet, depuis toujours. Ou plutôt de militantisme. Notamment au travers du morceau "Dispak Dispatch'" (qui met en musique des revendications de sans papier) ou "Réparer le monde".

Enfin, sur ce disque il y a aussi des morceaux qui touchent beaucoup à l'intime : son prénom Léonie est même au coeur des textes ("L'horizon Ose") et on y entend aussi quelques voix de sa famille nigérienne où elle puisse ses origines paternelles comme sur "Nymphéas"  où l'on entend les voix de sa tante et de sa grand-mère. Très chouette.

Musicalement, c'est remarquable d'équilibre entre musique "divertissante" et musique plus érudite. Personne n'est pris au piège sur cet album, ni les personnes à l'écoute exigeante, ni ceux qui veulent écouter de bons morceaux d'électro pop. On se laisse porter par ces morceaux hypnotiques ("Touareg", "Je suis un souvenir"...) et introspectifs ("L'horizon ose", "Nymphéas").

Que ce soit du morceau introductif "Brûler pour briller", justement inspiré comme le titre de l'album par René Char et dit par Louise Chevillotte. qui sonne comme du In The Nursery en passant par "Touareg" et sa rythmique entêtante, "Paris-Brazzaville" très dansant et qui pourrait tout à fait convenir comme un tube de l'été pour une fois intelligent, jusqu'au plus émouvant "Nymphéas", on passera par tous les états avec Léonie Pernet tour à tour révoltée, mélancolique, militante mais toujours pleine de grâce et d'élégance mélodique assortie d'une douceur vocale qui ne peuvent que nous faire adhérer à l'oeuvre autant qu'à la personne !