Voilà déjà 24 ans que Pulp n'avait pas sorti de disque. Un quart de siècle, c'est énorme. Depuis We Love Life, accouché dans la douleur par le groupe, Pulp sans s'être formellement séparé avait cessé toute activité et chacun est reparti à ses occupations (Jarvis Cocker sortira notamment quelques albums dont un reprenant des chansons françaises et tiendra pendant quelques temps une émission de radio assez prisée sur la BBC).

En 2022, le groupe annonce sa reformation mais en mars 2023, le bassiste Steve Mackey meurt. Coup dur, mais aussi coup de boost, le groupe partira en studio en 2024 pour finalement sortir ce More en juin 2025. Si le titre donne l'impression d'une compilation de faces B, il n'en est rien et More est bien un nouvelle album avec des nouveaux morceaux. 

Par certains côtés, le groupe semble assagi avec des chansons très élégantes sur lesquelles joue les crooners aevc délectation ("Farmers market", "Partial Revenge"). Mais quand on gratte un peu, on se rend compte que le groupe n'a rien perdu de sa verve et de sa liberté créatrice avec des titres toujours surprenants sur lesquels, on prend un malin plaisir à retrouver la voix quasi intacte de Jarvis accompagnée par un groove très pulpien ("Tina", "Background noise"). Le groupe semble aussi s'amuser à titiller d'autres genres comme sur "Got to have love" qui rappelle à mon inconscient le titre "Don't let me be misunderstood" de Santa Esmeralda (si si je vous jure, écoutez !).

Le duo (un peu trop) luxuriant "The hymn of the north" avec Chily Gonzales ne laisse pas forcément en revanche le plus grand des souvenir, mais il s'écoute quand même avec un certain plaisir coupable de ne pas avoir envie de bonbons mais d'en manger quand même à pleine bouche.

Globalement, si vous n'avez encore jamais écouté Pulp, il sera peut-être bon de commencer plutôt par le commencement et allez taper dans les premiers albums (Intro, His N hers, Differrent class notamment)  mais pour les vieux comme moi, on ne boudera pas notre plaisir à découvrir de nouveaux titres de Pulp, quitte à ressortir la discographie complète histoire de faire un peu plus le vieux con et dire à nos petits enfants que "tu vois, "Razzmatazz", "Disco 2000" et "Common people" c'est quand même vachement mieux". Mais au final, on remettra quand même ce More régulièrement sur la platine, c'est une cure de jeunesse bien plus efficace que les crèmes de soins à la mode !

Merci Pulp de ce retour, un membre en moins mais avec un plaisir qui semble non feint et assez communicatif à l'écoute de ces 11 titres.