Jay-Jay Johanson commence à avoir une sacrée carrière derrière lui et à son palmarès un petit paquet de morceaux incontournables devenus des classiques.

Il faut dire que ses 4 ou 5 premiers albums étaient proches de la perfection et la suite nous a également réjoui au fil des années, de Whisky en 1996 à Burry the Hatchet.

plus de 10 albums et 30 années plus tard, on aura droit à quelques autres perles sur Rorschach Test, ou Kings Cross mais en 30 ans, et même si JJJ est passé par de multiples phases (la plus marquante étant sans doute l'album Antenna), il y a toujours un air de déjà-vu confortable dans les albums de Jay-Jay Johanson. Une recette largement éprouvée (et approuvée) qui mêle habillement du jazz, de l'électro et la voix de crooner envoûtante de Johanson.

Aussi, on ne peut pas vraiment être déçu par un album de johanson, au pire, on reste un peu sur sa faim si on ne trouve pas le tube à la hauteur des classiques sus-cités. Mais quoi qu'il arrive sur scène, le crooner suédois sublime chacune de ses chansons.

Alors qu'en est-il de Backstage, nouvel album sorti en mai 2025 dans une relative discrétion ?  Eh bien, dans les premières écoutes, on pourrait croire qu'il fait partie de ces albums dans lesquels on ne trouve pas ce que l'on vient y chercher, c'est-à-dire dans le cas de JJJ un petit paquet de tubes, voire de chefs-d'œuvre. Pourtant, si "Trompe l'oeil" ouvre l'album de façon un peu tiède malgré son titre "francophone", il ne faut pas attendre longtemps pour se faire embarquer dans le rythme downtempo de "Backstage" qui nous plonge illico dans le groove mélancolique de JJJ. Simple et efficace.

"Rimbaud" attire notre attention également puisque contre toute attente, Jay-Jay Johanson chante en français. C'est joliment chanté et encore une fois le rythme lent et un peu mélancolique fait mouche.

Dans l'ensemble, l'album s'écoute avec un certain plaisir mais sans ce petit quelque chose qui le propulse dans les classiques de la discographie du Suédois. Pourtant, "The Caretaker" est vraiment classe, la reprise de "Lujon" de Henry Mancini est parfaitement réussie, mais d'autres titres comme le très jazzy "Glue" qui se transforme en une sorte de transe electro lounge façon café Costes ou "We've only just begun" et ses bidouillages électro tombent un peu à plat.

Backstage n'est donc pas un mauvais album de Jay-Jay Johanson et on l'ajoutera sans rechigner à notre discothèque, pour le plaisir de découvrir de nouveaux titres de JJJ mais on se tournera peut-être plus volontiers vers l'écoute de ses oeuvres précédentes et on gardera quelques titres de ce nouvel album pour enrichir des playlists bien senties.