Spectacle d'après l'oeuvre d'Adrien Cornaggia adapté et mis en scène par Anaïs Movalli avec Nolwen Briand, Juliette Egretaud et les voix de Jean Reynes, Eliott Lobrot, Christel Wallois, Céleste Bocquet, William Hanmer et Fanny Féret.

Sur la petite scène du théâtre du guichet Montparnasse, Jade et Tania, incarnées par Nolwen Briand et Juliette Egretaud, deux jeunes femmes d'une vingtaine d'années, font fortuitement connaissance.

De l'obscurité, elles surgissent comme par magie, de part et d'autre de la scène. Chacune entre dans sa vie d'adulte. Elles expérimentent, déjà, le sentiment de devoir jouer un rôle qui n'est pas celui auquel elle se destine, et de devoir composer avec le sentiment de l'absence.

Les deux comédiennes, dans une mise en scène rythmée, vont s'approcher, se jouer des distances, s'apprivoiser, s'envisager, désirer faire l'amour, désirer l'amour.

La magie de l'amour, il en sera également question dans la suite de la pièce. Comment ce sentiment universel, ici entre deux femmes mais transposable à toutes les situations, nous motive et nous meut.

Faire l'amour avec fougue et désir, faire l'amour pour se rencontrer soi et rencontrer l'autre... Faire l'amour à la vie !

La façon de pénétrer dans l'intime des deux jeunes filles est des plus originales, le texte mêlant dialogue (le plus souvent unilatéral) et apparté révélant au public la psyché et la personnalité de chaque jeune fille. Jade, qui court la plupart du temps après sa chienne et qui occupe l'espace et la conversation, et Tania, plus taciturne et réservée mais, et c'est l'une des grandes forces de la pièce, qui livre au public le secret de ses pensées foisonnantes et de ses désirs impétueux.

Le mélange des deux strates de compréhension, dialogue et apparté, liés dans le flot du texte apporte une épaisseur et une crédibilité aux sentiments exprimés. Comme un même livre ouvert à deux chapitres différents mais complémentaires.

Le jeu des deux jeunes femmes est d'une délicatesse et d'une justesse pleine, qui donne le tempo à l'histoire.

Le texte est ciselé et précis, et imprégne le récit avec subtilité et poésie.

Finalement, l'amour ça marche mieux que les pansements!