C’est toujours un plaisir que de retrouver le commissaire Ricciardi et son environnement, la superbe ville de Naples.

Deux ans après l’excellent Nocturne pour le commissaire Ricciardi, Maurizio de Giovanni nous propose Rideau pour le commissaire Ricciardi, une enquête policière dans l’Italie fasciste des années 30. C’est donc le retour de l’auteur phare du polar napolitain et c’est une excellente nouvelle.

On se retrouve en 1933, entre Noël et le Nouvel An. Comme chaque soir sur scène, le grand comédien Michelangelo Gelmi tire sur Fedora, sa jeune et magnifique femme. Mais ce soir-là, l’arme n’est pas chargée à blanc, et le coup de feu part sous les yeux de Gelmi et des spectateurs interdits. Gelmi a beau clamer son innocence, personne ne le croit, mais cette scène de théâtre macabre ne trompe pas le commissaire Ricciardi, qui se lance à la recherche du véritable assassin. L’affaire est donc très loin d’être résolue pour le commissaire qui en semble bel et bien convaincu.

Alors, tandis que le fidèle Maione aide le docteur Modo dans une affaire privée, le commissaire, dont la vie amoureuse semble avoir pris un tournant décisif, se consacre patiemment à la reconstitution de l’affaire. Un mystère rendu encore plus obscur par un étrange brouillard qui s’est soudain abattu et qui réservera un ultime coup de théâtre.

On est vraiment dans la lecture plaisir quand on a dans les mains ce genre d’ouvrage. On retrouve avec plaisir notre commissaire napolitain toujours au cœur d’embrouilles et de sac de nœuds, le tout dans un cadre ensoleillé qui confirme que Naples est une ville à part. L’intrigue est subtile, s’articulant autour de jalouserie, d’amour contrarié et de sentiment de culpabilité.

Alors voilà, vous pouvez vous laisser embarquer dans l’univers pittoresque de Maurizio de Giovanni et le découvrir si ce n’est pas encore fait. Son précédent ouvrage Nocturne pour le commissaire Ricciardi sort en même temps en poche dans la collection Rivages. C’est peut-être le moment de faire coup double ?

Avec la chanson napolitaine Rundinella en fond, on suit la dixième enquête de Ricciardi, où les hommes font comme les hirondelles et migrent de l’amour à la trahison, d’un rêve à l’autre, et où l’exil et le retour se confondent.