On a souvent vu Michael Wookey et Pauline Dupuy ensemble sur scène. Pour Contrebrassens, ou Pauline en musicienne sur les disques de Michael et derrière lui sur scène. Ils reviennent avec un concept dans la continuité des différentes aventures musicales qu'ils ont partagées.

L'interview devait se dérouler après la session qu'ils nous ont offerte. Mais finalement Pauline, Michael et toute l'équipe de Froggy's Delight présente pour l'enregistrement étaient plus pressés de partager un verre et de discuter à bâtons rompus que de se livrer à cet exercice un peu formel. C'est donc par e-mail, le lendemain, dans un train qui les menait dans le sud vers un concert, qu'ils ont répondu à nos questions.

Ce nouveau projet a-t-il un nom ou est-ce que ce sera vos deux noms mis côte à côte ?

Michael Wookey : Le projet s'appelle Michael, Pauline & The Stars.

Ce projet est construit autour de chansons de l'un et de l'autre. Qu'est-ce qui vous a poussé à retravailler ensemble et à mélanger vos répertoires ?

Michael Wookey : Pauline est ma meilleure amie depuis un moment et je pense que, simplement, on aime beaucoup jouer ensemble. Le live de Contrebrassens a pris pas mal de place dans nos vies mais à côté de ça, j'ai réalisé deux EP de Pauline et nous avons toujours continué à travailler ensemble pour d'autres musiciens. Je fais beaucoup d'arrangements pour les autres alors, quand je le peux, j'appelle Pauline pour avoir l'excuse de la voir.

Ce nouveau projet mélange nos propres compositions avec celles de Brassens et Cohen. L'univers n'est pas le même, mais j'ai toujours trouvé des parallèles entre Brassens et Cohen. C'est rare de voir autant de travail sur le texte d'une chanson. Je trouve que les deux sont souvent drôles d'une facon pince-sans-rire (un humour un peu à l'anglaise, peut-être !). De plus, on retrouve des thèmes communs aux deux, la question de comment on voit les autres et comment on peut vivre autrement. Ça m'a toujours frappé que ces deux hommes, pour lesquels l'amour est le sujet central de l'oeuvre, n'aient jamais été mariés.

Il y a des chansons en français, d'autres en anglais. Vos répertoires sont mis en commun. Quels sont les ingrédients qui font le lien entre les chansons ?

Michael Wookey : On ne se prend pas trop la tête avec les langues. Personnellement, je peux écouter de la musique en islandais, en francais ou en italien. Ça peut me toucher même si je ne comprends pas. Les ingrédients musicaux de ce spectacle sont un peu les mêmes que dans Contrebrassens car l'idée est de tourner avec ce qu'on a sous la main. Le lien entre entre les chansons, c'est nous.

On retrouve la contrebasse et la guitare comme combinaison principale pour les musiques. Avez-vous cherché à enrichir votre son d?autres instruments ?

Michael Wookey : En live, ce sera banjo et contrebasse mais aussi un tout petit synthé, du glockenspiel et quelques percussions. J'aurai aussi des chaînes pour des rythmiques avec les pieds. Ces chaînes me rassurent car on ne sait jamais à quel moment on peut avoir besoin de se défendre si le public n'est pas content.

Comment s'organisent vos sessions de travail ?

Michael Wookey : On se retrouve souvent chez moi autour de la table avec du café et des biscuits. Une fois que Pauline a fini de m'écouter faire ma langue de pute sur les autres, on se met à travailler. Ça se fait toujours sans trop de discussion, on essaie des choses plutôt que d'en parler. Quand ça fonctionne, on garde.

Le live est une dimension essentielle pour vous. À quoi peut-on s?attendre ?

Michael Wookey : Un concert intimiste. On a toujours aimé jouer sans microphone. J'espère qu'on aura l'occasion de faire des concerts comme ça, avec rien entre nous et le public. En tout cas, ça va être simple, sans changement de costume mais quand même avec des paillettes quelque part.

Pensez-vous que le public qui vous a découvert ensemble avec Contrebrassens est susceptible d'adhérer à ce projet, et pourquoi ?

Michael Wookey : Oui. Les gens qui voient Contrebrassens disent souvent après le spectacle "vous avez vraiment une belle complicité" et ça ne change pas d'un spectacle à l'autre. J'aime beaucoup accompagner Pauline. Dans ce spectacle, je suis content de prendre le relai de temps en temps quand elle ne chante pas. J'espère qu'ainsi on s'ennuiera pas, ni nous, ni le public.

Quels sont vos prochains objectifs, outre la tournée ? Un album, des collaborations à venir ?

Michael Wookey : Nos objectifs... je ne sais pas. Personnellement, j'aime que les concerts restent éphémeres mais si le public a envie d'en écouter un peu plus, il y a nos albums. La seule chose qui manque en disque, ce sont nos interprétations de Leonard Cohen. A part ce projet, j'ai écrit la musique d'une comédie musicale sur la fin du monde qui va être montée à Edinburgh cette année, et je travaille toujours sur de nouvelles chansons. Pauline, je ne sais pas ? Elle construit une baignoire, je crois.

Pauline Dupuy : Mon objectif, c'est déjà de faire une belle tournée avec ce spectacle, qui arrive en mai-juin 2025. Toutes les dates sont sur le site de Contrebrassens. J'aime être sur scène et j'ai envie que les gens soient heureux de passer un moment avec nous. Je sais que ça sonne complètement bateau, mais c'est ma petite contribution dans ce monde. Et Michael est un super partenaire pour ça. Et aussi, je suis contente si ça me permet de faire connaître mes chansons, que j'enregistre sous le nom de Cybèle Le Buis et que je joue d'habitude en trio avec d'autres musiciens.

Crédits photos : Arnaud Kehon (retrouvez toute la série sur Taste Of Indie)