"If I’m so empowered, why am I such a coward
If I’m so strong, why am I broken ?"

Sur la pochette de son nouveau et troisième disque (Compliments Please en 2019, Prioritise Pleasure en 2021), Rebecca Lucy Taylor hurle. Elle hurle son envie de grandeur, de réussite, de libération, mais surtout d’émancipation.

"My focus is powerful" et la chanteuse britannique n’y va pas par quatre chemins. Avouons-le sa pop "théâtrale", sa "hyperpop", n’est pas toujours d’une grande finesse (la limite de la vulgarité n’est jamais très loin aussi bien dans les textes que musicalement ("Mother", "Cheers to me", "Lies", "69"). "What the fuck you want from me, i’m saving you, you’re killing me".

Mais Lucy Taylor chante avec son cœur, elle chante (et plutôt bien) l'acceptation de soi, les ravages de l’alcool et le féminisme. Son élan, la qualité de l’écriture, de l’orchestration et des arrangements, un certain lyrisme (des titres comme "In plain sight" avec Moonchild Sanelly, "I do it and I don’t care" (comme un clin d’œil à "I do this all the time" dans Prioritise Pleasure), "The deep blue okay", "Focus is power", "If not now, it’s soon") emportent beaucoup sur leurs passages.

"If I’m looking out for you, who’s looking out for me ?" Self Esteem n’a peut-être jamais aussi bien porté son nom !