Le groupe toulousain BRUIT <= , formé en 2016, dévoile son deuxième album The Age of Ephemerality via le label Pelagic Records. Ce disque fait suite à The Machine is Burning and now everyone knows it could be happen again sorti en 2021 qu’on avait adoré. Il s’agit toujours d’une musique post-rock avec des longs titres instrumentaux alliant cordes et électricité (influence Mono / Godspeed You Black Emperor).
On attendait donc avec une grande impatience leur nouveau disque et de manière assez stupéfiante, ils arrivent à surpasser le précédent en se détachant d’une influence un peu forte de Godspeed grâce à des sons diversifiés d’une richesse inouïe et un côté parfois plus krautrock et expérimental.
Composé de cinq titres pour une durée d’environ 40 minutes, l’album explore les tensions entre humanité et technologie après avoir abordé dans le précédent notre relation à la nature si bien que cela reste une œuvre musicale et également politique.
Dès le morceau d’ouverture, "Ephemeral", BRUIT ? établit une atmosphère particulière avec quelques notes de guitares retravaillées par des cordes frottées, des nappes modulaires et une batterie fracassante. La production est puissante mais elle mêle prises sur bande, captations d’orgues centenaires et enregistrements live, ce qui donne une musique très humaine et pas du tout surproduite.
"Progress / Regress" illustre cette capacité à naviguer entre des atmosphères délicates avec contrebasse pour tout renverser au milieu du titre avec la puissance des guitares au son métal. "Data" se distingue par sa batterie parasitée par des notes électroniques.
Et que dire de "Technoslavery / Vandalism" titre en deux parties où on part de cordes délicates pour aller vers un son bruitiste pour finir sur une chorale. "The Intoxication of Power" le clôture à la perfection avec 13 minutes d’intensité émotionnelle.
Grâce à sa richesse sonore, cet album atteint une belle profondeur. Il s’agit donc d’une œuvre vertigineuse qui s’impose comme l’un des albums de l’année.
Le groupe se distingue enfin par son refus des plateformes de streaming. Un acte militant et cohérent avec la grande thématique technologique abordée par le disque.
Pour info, le groupe fera une belle tournée d’automne notamment en premier partie d’Alcest.