Refleurit au Printemps et reverdit !
Partout et toujours une lumière bleutée à l’horizon
Toujours, toujours, toujours…"

Fuir pour sauver sa vie, celle de sa femme et de son prochain enfant. C’est ce qu’a fait David Longstreth avec sa famille à l'automne 2020. Fuir les incendies en Californie, prendre l’avion en pleine pandémie et se réfugier à Juneau en Alaska, tout en constatant l’ironie d'échapper aux incendies en brûlant davantage de carbone.

Song of the Earth n’est pas simplement un disque sur les dégâts du réchauffement climatique, c’est aussi un disque porté par l’espoir d’un monde meilleur.

Longstreth aborde également des thèmes comme la question de la présence de l’Homme sur terre, une vision amère d’un monde fragile, la paix, l’amour profond pour la vie, la consolation de l’Homme par la nature aussi. Des thèmes que l’on retrouve dans "Das Lied Von Der Erde" de Gustav Mahler. David Longstreth n’est pas Friedrich Weidemann (même si le choix des voix ici n’est clairement pas anodin) mais l’œuvre de Mahler est une influence majeure de ce disque. Et puis comme chez Mahler l’orchestration, le travail sur la masse sonore, les timbres ont toutes leurs importances ici. Pour cela, pour accompagner les Dirty Projectors, David Longstreth a fait appel à l’ensemble orchestral berlinois Stargaze emmené par André de Ridder.

Comme souvent avec Longstreth et les Dirty Projectors, la musique est audacieuse (dans la construction des chansons, dans les arrangements et les orchestrations), pleine de surprise, pop complexe (mélodiquement, harmoniquement (jeux avec les dissonances, etc. et rythmiquement) et orchestrale (avec des instrumentations, des orchestrations plutôt fines (il ne faut pas aller y chercher le génie de Mahler pour autant) mais foncièrement pop.

Un disque singulier mais totalement prenant, une belle réussite !