Cette semaine, les éditions La Croisée sont à l’honneur puisque j’ai eu la chance de pouvoir avoir entre mes mains plusieurs ouvrages qu’elles ont publiés.
Le premier est un ouvrage déchirant et lumineux qui célèbre la force des sentiments au-delà de la mort. A la plume de cet ouvrage, une certaine Fleur Pierets, artiste et activiste belge flamande, autrice de plusieurs ouvrages, collaboratrice artistique et conférencière sur les droits LGBT dans le monde entier.
En 2017, l’artiste Fleur Pierets devait épouser sa compagne Julian dans tous les pays où deux femmes étaient autorisées à se marier, soit 22 pays. Ce fut le fameux Projet 22, relayé dans le monde entier. Mais après le quatrième mariage officié à Paris, le "tour du monde de l’amour" est interrompu : on détecte un cancer fulgurant chez Julian. Elle mourra deux mois plus tard, le 22 janvier 2018.
Alors Fleur prend la plume pour faire revivre la femme qu’elle a aimée, amatrice d’art, d’écologie, de drag king, et revient sur l’alliance sacrée de l’amour et de l’art : on y retrouve Susan Sontag et Annie Leibovitz, Audre Lorde et Gloria Joseph, Woolf et Sackville-West, Tennessee Williams, Barthes, Harvey Milk, Ginsberg et Orlovsky, Hujar et Wojnarowicz, Marielle Franco…
C’est un récit intense et bouleversant que nous propose l’auteur, un récit de deuil particulièrement émouvant dans lequel elle raconte sa femme, leurs relations, tout ce qui faisait qu’elles se sentaient bien ensemble et aussi, évidemment, le vide qui surgit à sa disparition, les manques et les difficultés de l’après.
Elle nous raconte leur rencontre, nous dresse un formidable portrait de celle qu’elle aime, leur vie commune qui reposait aussi beaucoup sur leur activisme puis la maladie qui vient frapper Julian. L’ouvrage nous raconte aussi la sidération qui la frappe après la disparition de Julian, le chagrin qui l’envahit et comment elle utilise la lecture pour se réfugier.
Superbement écrit, l’ouvrage de Fleur Pierets ne peut laisser le lecteur insensible. Elle nous touche par ses mots qui témoignent des maux ressentis après la disparition de celui ou celle qu’on aime. C’est une petite merveille d’écriture, symbole d’une véritable histoire d’amour entre deux femmes.