Spectacle écrit par Frédérique Voruz mis en scène par Frédérique Voruz et Simon Abkarian,avec Frédérique Voruz.

Assise sur une chaise, un projecteur de diapositives à côté, elle envoie elle-même les photos de famille sur un écran en fond de salle et dont les titres annoncent les différents chapitres.

C'est toute son enfance que Frédérique Voruz déroule avec "Lalalangue" qui fait référence au terme lacanien : la "lalangue", qui définit le dictionnaire familial. Et il y a de quoi faire !

La petite Frédérique, dans une famille de sept enfants, se racontera très tôt des histoires pour s'échapper de son austère quotidien. S'adressant à sa psy, elle déroule le récit de son enfance singulière...

Le personnage central est la mère. Une mère omniprésente, catholique fervente qui accumule les poncifs et fait marcher droit toute la famille dans le dénuement le plus total avec une jubilation assumée. 

Elle, dont la vie s'est arrêtée le jour où elle a perdu une jambe dans un accident de montagne et a déclaré dans sa chambre d'hôpital : "Je me vengerai sur les enfants !" Le ton est donné.

Avec ce qui pourrait donner lieu à un mélodrame, Frédérique Voruz par un talent inouï, crée (avec la complicité de Simon Abkarian) un spectacle hilarant où elle n'en finit pas de nous émerveiller par son autodérision, son humour noir et où elle campe merveilleusement tous les personnages avec une formidable expressivité et une diction parfaite.

Sa façon de bouger, son explosivité et ses mimiques sont d'une efficacité rare. C'est parfois tendre mais souvent féroce. Et l'on est traversé d'émotions tout du long. Elle réussit avec brio un seule en scène éminemment burlesque sur un fond grave.

Gardant sans interruption le fil de la narration, dans un récit qui file à vive allure entrecoupé de séquences aussi imagées qu'irrésistibles, elle délivre avec truculence son enfance qu'elle parvient à transfigurer et c'est exceptionnel !

Un spectacle qui prouve une fois de plus le magnifique pouvoir de résilience du théâtre. Une très grande performance.