Spectacle écrit et mis en scène par Alice Schwab avec Marine Arena, Laurence Côte, Rémi Giordan, Noé Hermelin, Marie Narbonne, Leonor Oberson ou Romane de Stabenrath.

De retour à la maison familiale dans la campagne profonde, qu'elle a quitté il y a plusieurs années, Martha vient à la demande de sa mère car le père est mourant et les dettes s'accumulent. Elle est accompagné de son compagnon, déguisé en cow-boy.

Proche de l'univers de Tennessee Williams, avec des personnages englués dans leur quotidien âpre et qui aspirent à une vie meilleure, "Les Plaines de la calamité" décrit la décrépitude d'une maison et les secrets qu'elle renferme.

Quelle belle surprise que ce spectacle d'Alice Schwab et de la Compagnie Prosodie, au souffle profond qui associe à un texte puissant aux fulgurances poétiques, une mise en scène d'une grâce absolue !

Alice Schwab dirige toute la distribution avec finesse et une précision d'orfèvre pour un travail très maîtrisé qui impressionne. La création sonore envoûtante de Clément Ferrigno et la lumière ciselée de Zoé Ritchie donnent à ce huis-clos étrange et délétère une ambiance aussi désuète qu'onirique.

Tous les comédiens sont remarquables et convaincants. On est touché par la magistrale interprétation de Laurence Côte au jeu subtil et l'on gardera particulièrement en mémoire la prestation de Marie Narbonne, prodigieuse, qui interprète la petite soeur boiteuse, témoin impuissant qui porte dans son corps et jusqu'à son rire cassé, la douleur de cette famille dysfonctionnelle.

La fin, d'une puissance hypnotique, donne à cette pièce intense sur la libération de la parole, la beauté des chefs-d'œuvre.