Texte de Tenessee Williams traduit par Isabelle Fanchon mis en scène par Philippe Person avec Florence le Corre, Alice Serfati, Blaise Jouhannaud, Antoine Maabed.

C'est Tom, le fils, qui raconte cette chronique familiale dans l'Amérique des années 30. Lui qui travaille au bureau d'expédition à Saint-Louis  pour faire vivre la famille que le père a quitté un beau jour sans ne donner plus de nouvelles qu'une carte postale disant : "Hello. Goodbye."

Sous la coupe d'une mère névrosée devenue hystérique et qui veut absolument marier sa fille Laura, infirme d'une jambe et d'une timidité maladive, qui passe son temps dans la contemplation de sa ménagerie de verre, collection de petits animaux dont une licorne qu'elle affectionne particulièrement, Tom passe ses soirées au cinéma ou dans les bars pour s'évader.

Pour cette version de cette pièce, sûrement la plus autobiographique de Tennessee Williams, Philippe Person a opté pour l'expressionnisme, avec un clair-obscur que les lumières de Tom Bouchardon restituent avec finesse. L'accompagnement jazzy donne du charme à ce huis-clos.

Dans une mise en scène enlevée aux nombreux clins d'oeil, il met en valeur les relations familiales. Et propose avec la visite du galant auquel Amanda la mère compte bien marier sa fille, des moments de comédie pure.

Florence Le Corre compose avec brio une mère nerveuse dont elle accentue le côté comique. Alice Serfati est touchante en Laura. Antoine Maabed, un parfait Jim (le galant). Enfin, Blaise Jouhannaud incarne un Tom particulièrement émouvant et convaincant qui porte ce spectacle de belle facture teinté de mélancolie, à découvrir.