Passé sous les radars en France depuis son premier album en 2014 (War, Peace and Diplomacy), Tom Hickox sort son déjà troisième album The Orchestra of Stories

Sur la pochette, Tom Hickox a tout à fait l’air de ce qu’il propose musicalement. Un beau jeune homme blond et élégant entouré d’instruments et de feuilles remplies de textes. Car oui, la musique de Hickox est avant tout élégante et aussi riche musicalement qu’en termes de textes.

Si on devait prendre des points de comparaison, on pourrait parler de Scott Walker et Jay Jay Johanson avec un brin de The Divine Comedy, à la fois pour le côté crooner, car Hickox a un sacré beau brin de voix, que pour le côté orchestration luxuriante à grand renfort de cuivre et de cordes. Il faut dire que le père de Tom est Richard Hickox, chef d’orchestre anglais décédé à l'âge de 60 ans. Le papa serait fier de son fiston à l’écoute des morceaux de cet album joué par deux ensembles très connus en angleterre : le Onyx Brass, quintet de cuivre et le Chineke! Orchestra, orchestre classique composé essentiellement de personnes pas toujours bien représentées dans la musique classique de multiples ethnies et couleurs (dixit leur page web).

On pourrait presque s’arrêter là tant l’écoute de cet album est réjouissante en termes de qualité des chansons, le tout appuyé par une production impeccable qui offre un son ample et profond, parfait pour mettre en avant à la fois les musiciens et la voix chaude de Tom Hickox. Mais ce serait sans compter sur les talents de parolier de Hickox qui se trouvent être au moins à la hauteur de ses talents de compositeurs. En effet, Hickox a des choses à dire et il le fait brillamment. Chacune de ses chansons raconte une histoire, qu’elle soit une histoire d’amour, un fait de société ou même un message politique comme "Game Show" qui revient sur l’élection de Trump et la politique internationale en général (à écouter accompagnée du clip très réussi). Les titres de ses chansons eux-mêmes sont déjà une histoire, "Lament for the lamentable elected", "The failed assassination of Fidel Castro", "The port Quin fishing disaster"...

Cependant, si la langue anglaise n’est pas votre amie, n’ayez crainte la beauté des chansons transcende les paroles et vous serez tout autant emporté en considérant la voix de Hickox comme un instrument supplémentaire dans le tableau magnifiquement exécuté qu’est cet album dont le titre lui même annonce joliment le programme The Orchestra Stories. C’est beau, émouvant et les orchestrations finissent le boulot, on est totalement happé dans l’univers de Hickox au travers de ces trop courtes 37 minutes que dure le disque. 

A découvrir d’urgence, surtout que les deux précédents albums (War, Peace and Diplomacy et Monsters in the Deep) sont tout autant des réussites. A se demander comment nous étions passés à côté de ce crooner épatant qui a décidément tout pour lui.