J'ai découvert Lush quand j'avais 20 ans avec leur premier disque Scar sorti en 1989 (je vous laisse faire le calcul). Disque qui comme le reste de leur discographie trône toujours sur mes étagères comme au premier jour (un peu de poussière en plus).
J'aime toujours écouter Lush aujourd'hui. Ce mélange unique de shoegaze et de pop atmosphérique, entre Slowdive et les Cocteau Twins fait toujours mouche et les quelques disques remasterisés récemment permettent une écoute encore plus confortable.
Depuis la disparition du batteur Chris Acland en 1996, Lush s'est de facto dissout si ce n’est pour quelques performances scéniques, comme à La Route du Rock en 2016 notamment, accompagnées d'un EP 4 titres intitulé Blind Spot, toujours en 2016.
Depuis Miki Berenyi, la voix de Lush a monté un autre projet, Piroshka, avec Justin Welch (Elastica), Michael Conroy (Modern English) et K.J. "Moose" McKillop qui n'est rien d'autre qu'un des membres fondateurs d'un autre groupe mythique des années 90 : Moose et accessoirement compagnon de Berenyi.
Si le groupe n'est pas officiellement séparé, c'est avec un nouveau projet que Berenyi revient en 2025 avec ce Miki Berenyi Trio (MB3 pour les intimes) composé d'elle-même évidemment, de K.J. McKillop toujours et d'Oliver Cherer et qui vient donc de sortir un premier album intitulé Tripla.
Plus dream pop que jamais, le trio s'essaie à quelques aventures électro, notamment parce que le quatrième membre du groupe est une machine chargée notamment de jouer les percussions.
La voix de Berenyi reste immuable en revanche et on retrouve ce timbre unique qui n'a pas bougé au fil des années, toujours enveloppé de cet habillage planant lui aussi reconnaissable entre 1000 qui semble faire partie intégrante de la chanteuse depuis ses débuts. C’est toujours aussi touchant et rien que pour cela, on est content que cet album sorte. Les textes ont quant à eux gagné en maturité et évoquent, comme pour beaucoup de groupes de cette génération, la perte d’êtres chers, le temps qui passe, avec une certaine nostalgie mais sans pathos…
Côté musique, on se rapproche plus de Lush que ne l'était Piroshka et c’est plutôt une bonne surprise. On retrouve les mêmes morceaux accrocheurs, les chœurs, les guitares incisives (d’ailleurs, la petite histoire veut que le trio se soit formé pour jouer quelques versions revisitées du répertoire de Lush). On sent que, contrairement à Piroshka qui était un peu un album choral, ce Tripla est un disque plus personnel qui se concentre sur les premiers amours musicaux de Berenyi. En conséquence de quoi, on se retrouve plongé avec délectation dans les années 90 avec ce qui finalement pourrait presque être un quatrième album de Lush mais avec une touche de modernité dans la production qui, si elle nous surprend de prime abord (notamment avec quelques éléments électro), ne fait que servir le propos musical et flatter l’oreille de l’auditeur.
"Vertigo" fera office de tube incontestable de l’album tandis que "Ubique" et ses petits airs de pop joyeuse à la Saint-Etienne ne fait que finir de faire fondre notre petit cœur de vieux popeux sensible. On ne tiendra pas compte de quelques redites ou de titres pouvant être un peu plus faibles que les autres, on se régale du début à la fin et la voix de Miki nous fera définitivement craquer, et ce depuis plus de 30 ans !
Moralité, ce premier album de Miki Berenyi sous son nom propre et dans une configuration minimaliste est vraiment une belle surprise et ce retour aux sources est des plus frais et réjouissants, parfait pour attaquer l’été de bonne humeur !