Nous continuons nos lectures provenant des éditions de l’Olivier qui ne cessent de nous proposer des textes variés toujours de qualité.

Ici, je découvre une nouvelle auteure, Manuela Draeger, qui a pourtant déjà publié plusieurs ouvrages chez eux depuis 2010. Manuela Draeger appartient à une communauté d’auteurs imaginaires. Arrêt sur enfance, qui vient de sortir, est son ultime livre. Suivra ensuite 49e opus, Retour au goudron, du collectif Infernus Iohannes, dernier livre de l’édifice post-exotique, œuvre singulière qui se déploie sous plusieurs signatures dont le porte-parole est Antoine Volodine.

C’est évidemment un ouvrage très étrange que nous propose Manuela Draeger. Un ouvrage dans un monde où réalité et cauchemar se confondent. Dans ce monde, une vingtaine d’enfants perdus sommeillent dans le dortoir d’un camp. Le jour ne se lève pas. Magda, la seule à pouvoir remettre en mouvement la mécanique du temps, vient de mourir. Elle savait où et comment, nuit après nuit, accomplir le rituel criminel nécessaire pour que les ténèbres se dissipent.

A son tour, Yaki va tenter de reproduire les gestes terribles qui permettent à la lumière de renaître. En compagnie de Tatiana, il entre au cœur des rêves où se côtoient descendants d’humains, démons et momies. Mais l’obscurité s’est introduite en Yaki et, quand il retrouve le dortoir endormi, la nuit continue.

C’est vraiment une lecture très particulière que nous propose Manuela Draeger, un ouvrage complexe qui s’appuie sur beaucoup d’ambiguïté. Un ouvrage qui fera peut-être fuir de nombreux lecteurs au bout d’un moment de lecture quand d’autres prendront soin de s’aventurer dans des contrées littéraires particulières et originales à la fois étranges et féériques au cœur d’une plongée dans les rêves les plus noirs.