"There’s an outside chance you’ll never see me again, night comes in on wings, that explains things"

Le nouvel album de Dan Bejar (son quatorzième pour presque trente ans de carrière), Dan’s Boogie rappelle plusieurs choses : qu’il a encore des choses à dire, qu’il est indéniablement un extraordinaire auteur compositeur et qu’il est toujours aussi insaisissable (multiple) et parfois un peu mystérieux pour ne pas dire obscur.

"I wear see-through too much, and take strolls downtown, thinking it’s a garden of shame, you take the night train, and live to see, another day".

Alors que nous étions encore à tenter de reconstruire le puzzle synthétique qu’était l’admirable Labyrinthitis, le voilà avec Dan’s Boogie disque un peu moins énigmatique (encore que certains textes chantés / parlés restent abstraits), plus facilement accessible, pas moins luxuriant, pas moins élégant, pas moins provocateur, acerbe et ironique sur notre société et l’être humain en général (quel parolier !), pas moins Destroyer, pas moins Dan Bejar.
"Women fill out, men crumble inwards"

Là où nous pouvons nous réjouir, c’est de retrouver ce Bejar capable de la sophistication, de la subtilité (et parfois du surréalisme), de la force mélodique, d’arrangements (moins électroniques que sur les albums précédents, on retrouve son presque double John Collins à la production), de dédales d’émotions, de titres comme "The Same thing as nothing at all", "The Ignoramus of love" (avec un petit côté Lou Reed), "Hydroplaning off the edge of the world", "Cataract Time" (qui sauve la seconde partie du disque moins flamboyante).

Un bon cru !