"Guy from the subway is staring at me, now I can’t stop speculating, have I got celery stuck in my teeth, or do I look fucking amazing ?"

On pourrait dire, un peu vulgairement, que la jeune chanteuse Victoria Canal a le cul entre deux chaises, entre pop "alternative" et pop "mainstream". C’est un peu le problème de ce disque, et ses qualités également, on assiste à la naissance d’une artiste qui se cherche encore, qui va dans de nombreuses directions, trop sûrement, mais qui d’un autre côté ne s’interdit rien. Le bon ou le mauvais, tout dépend de quel côté on se situe. On s’accordera sur le manque de cohérence de l’ensemble du disque, encore que l’agencement des chansons soit assez pertinent, mais également sur les réelles qualités mélodiques ("Cake" (avec son petit côté Billie Eillish), "Black Swan", "June Baby"…), sur une production soignée, sur une honnêteté dans le geste artistique.

D’un côté des titres comme : "June Baby" (coécrite avec Ross MacDonald (The 1975)), "Talk", "15%", "Vauxhall", "Totally fucking fine", "Hollow". De l’autre "California Sober", "Cake", "How can I be a person ?", "Black Swan". Choisis ton camp camarade. En même temps pourquoi choisir ?

Victoria Canal est une chanteuse hispano-américaine, femme métisse, queer, handicapée. Elle est multiple ("Black Swan" et son double "Swan Song", les deux beaux derniers titres, disent tout de ce Slowly, it dawns), son disque lui ressemble bien.