Spectacle de Lluisa Cunillé traduit par Laurent Gallardo et mis en scène par Jean-Noël Dahan avec Marie Micla et Jean-Noël Dahan.
Une femme, la robe blanche maculée de sang, assise sur un parpaing dans une zone où l'on détruit les immeubles. sa mère est morte. Elle sort de prison après avoir purgé sa peine pour avoir tué ses enfants dans leur sommeil et dans la cité en pleine mutation, c'est le seul endroit qu'elle est arrivé à retrouver.
Face à elle, un vigile taciturne, Ulysse. Il est étranger et a trouvé en elle le seul réconfort dans cette ville de béton où il est devenu invisible.
L'autrice espagnole Lluïsa Cunillé avec "Cet air infini" a mélangé avec un vrai talent plusieurs figures mythologiques : Médée, Antigone, Phèdre et Electre pour cette pièce singulière qui décrit en creux notre monde aux abois.
Marie Micla dans le rôle de cette femme aux multiples apparences est d'une intensité remarquable et le duo qu'elle forme avec Jean-Noël Dahan, d'une superbe interiorité, est captivant.
Les lumières magiques de Marc Delamézières et la création sonore inspirée de Jean-Marc Istria confèrent à ce drame aussi sombre que poétique une beauté inouïe où ces deux inadaptés à ce monde unissent leurs solitudes.
La mise en scène sobre mais puissante de Jean-Noël Dahan permet de donner plus d'étrangeté encore à cette pièce énigmatique et envoûtante qui marque incontestablement.
Un travail de grande qualité.