"I don’t want them to do to you what happened to Hawaii"

On a beau être une star mondiale de la "pop latino", vendre des disques par palettes entières, être l’un des artistes les plus écoutés au monde, participer au Super Bowl en 2020 aux côtés de Jennifer Lopez et Shakira, avoir un nom de petit gangster (ou de strip-teaseuse) et avoir sous les pectoraux un petit cœur qui bat (et un cerveau Cf. ses combats pour les femmes, les LGBTQ +, contre les violences conjugales, son refus d’une masculinité démesurée…). Et son petit cœur bat pour son pays natal : Porto-Rico, qui est au centre de son nouvel album.

Forcément, foncièrement caliente, Benito Ocasio en musicien audacieux, ouvert, bien plus fin que la moyenne du genre, n’hésite pas à mélanger dans sa production musicale le reggaeton, la salsa, la bomba, la pop, la trap, la plena, l’électro. Et c’est une belle réussite (notamment : "NUEVAYoL", "VOY A LLeVARTE PA PR", "BAILE INoVIDABLE", "LA MuDANZA", ou "PIToRRO DE COCO").

En artiste engagé il fait de DeBí Tirar Más Fotos ("J'aurais dû prendre plus de photos") où il chante majoritairement en argot portoricain un disque nostalgique où il parle des changements de l'île, mais surtout un disque ouvertement politique, profondément contre Trump, sur la domination des États-Unis sur Porto-Rico. Il dénonce la gentrification, l'appauvrissement, la domination coloniale, l'émigration, la disparition de cultures séculaires.

La tête et les jambes !