Le titre ne fait pas mystère, sous les doigts de la pianiste Beatrice Berrut, c’est une histoire de magie (et le rêve qui peut aller avec), de sorciers et de sorcières. On entendra des transcriptions de L’Apprenti Sorcier de Paul Dukas, de la Danse Macabre de Camille Saint-Saëns, de L’Oiseau de Feu d’Igor Stravinsky, de La Belle au Bois Dormant de Tchaïkovski, d’Higitus Figitus (extrait de Merlin L’Enchanteur) des frères Sherman, d’Hedwig (thème de Harry Potter) de John Williams et une composition de la pianiste : Untold Tales.
On connaît le goût de Beatrice Berrut pour les transcriptions, il faut absolument l’écouter dans Mahler, par ricochet dans Franz Liszt dont elle est une admirable interprète, qui disent beaucoup de ses choix de répertoire, de son éclectisme et de ses qualités musicales.
Ce disque est peut-être moins enthousiasmant que son précédent consacré justement à Gustav Mahler et Arnold Schoenberg. Untold Tales manque parfois un peu de relief, les versions de La Belle au Bois Dormant, d’Higitus Figitus ou d’Hedwig sont anecdotiques, mais c’est bien dans un Oiseau de Feu puissant et physique, dans un Apprenti Sorcier presque à l’os, quitte à parfois déstabiliser l’auditeur mais surtout dans la Danse Macabre que la pianiste se montre la plus intéressante, montrant couleurs, dynamiques, oscillant entre noirceur et légèreté. Mais la transcription est de Liszt, ceci expliquant cela.
Et puis derrière tout ce décorum, ce cache en filigrane, notamment dans sa pièce, un plaidoyer pour la femme.