Spectacle Musical mis en scène par Jean-Claude Cottillard, avec Fabrice Guilbault, Marlène Pécot, Julien Thomas, François Babin, Pierre Derrien, Antoine Bouillaud, Benjamin Giet, Adèle Camara.
Pour "Les Fo'Plafonds", leur séjour au "13e Art", place d'Italie, du 19 février au 1er mars, restera sans doute celui de la consécration (pour l'heure en France), car le groupe, dont on peut voir moult preuves de son travail joyeux et imaginatif sur les réseaux sociaux, a montré qu'il maîtrisait la scène et pouvait faire rire et épater un large public en le surprenant constamment pendant plus d'une heure et demie.
On connaît leur principe de base : jouer de la musique avec n'importe quel objet... sauf de classiques instruments de musique. Mieux vaut un tube en métal, des casseroles ou ce qu'ils appellent des "instrucs", c'est-à-dire d'astucieux assemblages de choses de la vie quotidienne produisant des sons, qu'un instrument à cordes ou une trompette.
Sur scène, ils sont huit disséminés dans un décor constitué de plusieurs éléments qui forment la place d'un village et qui est surtout propice à emprunter çà et là de quoi jouer de la musique. Chacun va et vient dans un savant capharnaüm propice au n'importe quoi comme à des moments de poésie.
Dans tout la phase de bricolage où ils conçoivent les instrucs, ils ne cessent de rendre hommage à ceux qui les ont inspirés. On pense notamment à tous ces clowns musicaux d'antan et aux vénérables Sipolo qui faisaient les beaux jours de "La piste aux étoiles" avec des verres et des bouteilles diversement remplis pour jouer de la musique façon xylophone. On se doute aussi qu'ils ont vu des concerts de Bernard Lubat.
Ce qui leur a permis de monter en puissance, c'est surtout qu'ils n'accumulent pas simplement les "tubes" en les assaisonnant à leur sauce épicée d'instrucs. Non, ils sont passés à un spectacle total, grâce aux conseils de celui qui les met en scène : Jean-Claude Cottillard. C'est donc sans temps mort aucun que les Fo'Plafonds exhibent les résultats de leurs recherches savantes et permanentes.
Le spectacle tient dès lors d'un show bien huilé mais où le hasard et les ratages sont de mieux en mieux intégrés. Ces néo-Branquignols s'additionnent et ne se soustraient jamais... Ils ont deux chanteuses qui envoient, des petits bonhommes chauves à lunettes toujours partants pour les gags faussement éculés. Pas de vedettes mais chacun son tour prend un peu ou beaucoup de lumière.
Chostakovitch version Groupama, Carmen, Michael Jackson sont convoqués comme une bonne dizaine d'autres tubes internationaux. Tout commence par quelques bruits étranges qui semblent incohérents puis peu à peu on pressent un morceau qu'on connaît, enfin la musique se précise... et c'est imparable. On est parti pour quatre à cinq minutes au pays des Queen ou de la Carioca.
Petits et grands communient dans ce spectacle bien vivant et bienveillant. Devant ce délire bon enfant, réussissant une synthèse harmonieuse entre le rire et la musique, il faudrait être sacrément difficile pour ne pas être gagné par l'euphorie générale. On frappe des mains, on crie, on s'étonne et on s'amuse. Les Fo'plafonds ont trouvé la recette pour rendre toute une salle vibrante du même bonheur.
En les voyant se dépenser sans compter, les choses paraissent évidentes : ils sont partis pour aller loin et longtemps. Qui pourrait faire la fine bouche devant une telle fantaisie communiquée avec l'envie de faire plaisir à tout le monde et en excluant personne !
