Nul doute que la fièvre qui s’était emparée de nous à l’écoute de Guramayle, premier disque de KUTU paru en 2022, refasse son apparition avec ce Marda.
KUTU, c’est la rencontre en 2020 dans le milieu underground d’Addis-Abeba du violoniste Théo Ceccaldi avec les chanteuses Hewan Gebrewold et Haleluya Tekletsadik. Se mélangeait, dans un véritable esprit de partage et de transversalité, traditions orales des Azmari d’Éthiopie, électro, jazz et pop. Un mélange détonnant qui fonctionnait et qui fonctionne toujours parfaitement.
La recette est la même, sans Haleluya Tekletsadik, mais toujours avec Valentin Ceccaldi à la basse, Cyril Atef à la batterie, Akemi Fujimori aux claviers et cette fois avec le producteur et DJ français Lazzy Flow. Nouvelle production pour un son légèrement différent du disque précédent, plus pop ou urbain. Le producteur aidant "à gagner en lisibilité, en simplicité dans le format, pour ouvrir notre musique à une audience plus large. La voix d’Hewan est plus centrale, les chansons prennent un format plus pop avec des parties bien identifiables, et nous avons gagné aussi en luminosité et en contrastes entre les différents titres".
"Marda représente bien la transmission d’un héritage culturel pour les générations futures. L’image de ce collier, que l’on offre aux jeunes filles lors du passage de l’enfance à l’âge adulte, exprime pour nous le deuxième âge de KUTU ! Un collier précieux que l’on chérit, et que l’on gardera toute notre vie, comme une protection", il aborde des sujets comme la place des femmes dans la société éthiopienne, l’importance de l’eau, la fête, la joie, l’amour (gai ou triste).
C’est donc une nouvelle fois dans un tourbillon musical tout autant accrocheur, qu’hypnotique, dansant, exalté que nous entraîne KUTU.
