Spectacle écrit par Alexis Chevalier et Marguerite Kloeckner, mis en scène par Alexis Chevalier avec Alexis Chevalier, Marguerite Kloeckner, Sibylle de Montigny ou Sophie Deforge, Grégoire Roqueplo, Thibault Truffert et la voix de Nelson Monfort.
Quand la lumière se fait, ils sont cinq sur un banc. Trois garçons et deux filles, tous vêtus d'anoraks aux couleurs chatoyantes, tous munis d'écouteurs sur les oreilles. A priori, ils cochent toutes les cases pour incarner des commentateurs sportifs formés à la vieille bonne école franchouillarde. Et comme jadis "Les Inconnus" et leur sketch parodiant "Stade 2", ils en ont le ton et les expressions, prêts à accumuler tous les poncifs du genre : Les matchs que l'on prend les uns après les autres, l'importance que sont les trois points..
Mais à y regarder de plus près, ce club des cinq est une bande d'anges même si leurs ailes sont invisibles et s'ils vont finir par lire des lettres de Zinedine Z, s'intéresser à l'EPO de Lance Armstrong, évoquer le sort peu enviable des poteaux, le curling et Roger (prononcez Rogère) inévitablement suisse et Fédérer..
Au début de "Et Dieu créa le sport", il n'y a rien et le quintet s'ennuie sur son banc. Heureusement, Dieu s'éveille ou se réveille et les voilà en train de commenter l'histoire de l'univers façon, comme on l'a dit, émission de sport sur le service public d'antan (?).
Bientôt, vient l'histoire de l'homme et forcément l'invention de la balle. Une voix divine et polyglotte interviendra alors. Le suspense pourrait être interminable mais comme il a son nom sur l'affiche, on peut l'écrire : Dieu leur alloue comme archange Nelson Monfort lui-même ! Et c'est en toute logique que les voilà aux origines de la naissance du sport universel, devant s'occuper des hommes pour qu'ils ne guerroient pas tout le temps et trouve dans une baballe ou dans des gants de boxe le substitut quasi inoffensif - enfin c'était prévu comme ça - à la guerre.
Voilà vraiment un spectacle original, bourré de trouvailles et constamment drôle...
L'exercice tient de la danse, le sport n'est-il pas riche en mouvements chorégraphiés ? Egalement de la comédie musicale, avec quelques pépites chantées... Les cinq anges valent, on s'en doute, plus que quatre as... Ils se démènent tout le temps et le public ne s'ennuie jamais. Au contraire, il est le sixième homme (ou femme) de cette équipe composée d'Alexis Chevalier, Marguerite Kloeckner, Sibylle de Montigny ou Sophie Deforge, Grégoire Roqueplo et Thibault Truffert. C'est aux deux premiers cités que l'on doit les textes, plutôt bien troussés . Déjà acteur et co-auteur, Alexis Chevalier obtient sa troisième médaille grâce à sa mise en scène astucieuse, alliant simplicité et efficacité.
Pour éviter toute blessure ou tout claquage, la troupe ne joue qu'une fois par semaine. Qu'elle en profite le plus possible, car; bientôt, les protagonistes de "Et Dieu créa le sport" seront, on le prédit, amenés à jouer plus souvent et peut-être même à l'extérieur, sur tous les terrains théâtraux de France et de Navarre.
Une heure et vingt minutes de plaisir qui réconciliera ceux qui pratiquent ou pas le sport en chambre et ceux qui fréquentent les stades et autres arènes sportives. En fin de compte, une belle manière de convertir les supporters de toutes origines en amateurs de spectacles vivants...
