Spectacle de et par Romain Bouteille.
Quel bonheur de retrouver Romain Bouteille sur scène, rescapé des chirurgiens, qui dixit lui-même, sont soit alcooliques soit opèrent sous antidépresseurs, après le souci de santé qui avait interrompu la trilogie qu'il avait concoctée au Théâtre de Ménilmontant fin 2005 composée de "Misère intellectuelle", "Les oreilles du chef" et "Lancelot du Lac".
Après "Misère intellectuelle", il revient aujourd'hui sur la scène du fameux Café de la Gare, dont il fut un des fondateurs, avec "Les oreilles du chef" sous titré "tragi-comédie pour un penseur déçu".
Et ô facétie du hasard pendant la représentation de ce soir de ce petit bijou d'intelligence et d'humour confondant sur la culture, se déroule, dans la grande cour pavée de l'ancien relais de postes du 17ème siècle ornée de tables noires et blanches et chandeliers noirs, une soirée hyper branchée pour le lancement d'un nouveau concept culturel, dîner + art !
L'argument est simple : un chef d'orchestre iconoclaste et anarchiste voit l'orchestre municipal, composé de bons petits musiciens, dont il a la charge amené à participer au fameux concours le Prix International Furtwängler et qui plus est dans une œuvre imposée la Fantastique de Berlioz qu'il considère comme très mauvaise.
Il relève le défi et nous assistons aux séances salutaires de répétition au cours desquelles Romain Bouteille, usant de la métaphore musicale, il traite de son sujet de prédilection, le monde dans lequel nous vivons, en jouant ce chef d'orchestre hilarant..
Petit rire sardonique, yeux pétillants, le petit bonhomme a gardé sa volubilité légendaire et tout passe à la moulinette de son observation caustique. De la bêtise érigée en diktat médiatique aux dogmes culturels, de l'indigence politique à la privatisation du gouvernement, de l'abrutissement des masses à la politique monétaire mondiale.
Un spectacle jubilatoire, roboratif, intelligent et furieusement drôle à ne rater sous aucun prétexte. Qu'on se le dise !
