Bien sûr que non le jazz n’est pas mort. Le dead dans le nom fait ici référence au célèbre Grateful Dead. Et si les frères Belmondo se sont décidés à s’attaquer au répertoire du groupe américain qui représente la quintessence du rock psychédélique (et ayant de nombreux liens avec le jazz), c’est "Moins hommage qu’interprétation, moins relecture que résurrection". Pour les accompagner dans cette aventure : Laurent Fickelson et Eric Legnini (Fender Rhodes, Farfisa...), Thomas Bramerie (contrebasse), Dré Pallemaerts (batterie).

Les arrangements de Lionel Belmondo sont d’une grande pertinence, tout est là mais différemment. Legnini et Fickelson sont pensés comme l’ossature générale des morceaux ("China Cat Sunflower", "Stella Blue", "Dark Star", "Blues for Allah", "Fire on the mountain"...). Ce squelette, cette trame s’appuie sur la rythmique et la basse. La trompette et le saxophone tournoyant autour.

On se laisse clairement prendre au jeu de ce kaléidoscope, jazz fusion au groove implacable, de ces improvisations, même quand on ne maîtrise pas la grammaire ou le vocabulaire du Grateful Dead. Les musiciens s’écoutent, se répondent et introduisent leurs propres idées, les solos peuvent émerger à partir du contexte établi par les lignes mélodiques, harmoniques, par la section rythmique ou répondre aux différentes suggestions musicales.

Une belle et grande réussite.